Oussama Lakhlifi : «La structuration du Mouvement est impossible»

Oussama Lakhlifi : «La structuration du Mouvement est impossible»

ALM : Plusieurs observateurs ont constaté une perte d’autonomie du Mouvement du 20 février. Qu’en pensez-vous ?
Oussama Lakhlifi : Depuis que s’est opérée l’organisation effective du Mouvement après la manifestation du 20 février, notre principal souci était de garantir l’autonomie et l’indépendance du Mouvement malgré des tentatives individuelles pour s’accaparer le monopole de notre Mouvement. Des tentatives qu’on finit toujours par avorter. Parce que par nature le Mouvement n’a été constitué ni par les islamistes ni par les gauchistes et jamais la balance ne doit pencher d’un côté. Ce sont, nous, les jeunes Marocains désireux de plus de transparence et de démocratie qui menons le Mouvement et décidons de ses actions selon l’évolution de la situation politique et notre lecture de la réalité.

Une structuration du Mouvement est-elle envisageable ?
La structuration du Mouvement est impossible puisque ce dernier réunit des idéologies contradictoires. On n’a même pas un porte-parole officiel, parce que c’est justement pour nous un pas vers l’organisation et l’officialisation de notre Mouvement, chose qu’on refuse jusqu’à maintenant. Notre force réside justement dans ce foisonnement idéologique et notre manque de structuration. Aussi toutes nos publications et nos communiqués passent par une concertation démocratique des membres. Par ailleurs, chacun est libre de s’exprimer en son propre nom. Quant à la transformation du Mouvement en parti politique, celle-ci est difficile et quasi impossible. Dans un horizon plus large, le Mouvement pourrait se transformer en sorte de conseil ou comité qui veille sur l’instauration de la démocratie au sein de l’Etat, la société et dans la chose publique.

Qu’est-ce qui lie ces courants idéologiques contradictoires ?
Les revendications du Mouvement sont claires pour tout le monde. La démocratie c’est ce qui lie tous les membres qu’ils soient gauchistes, islamistes, ou autres. Et même les islamistes ont révisé leurs idées et sont devenus perméables au discours de la démocratie.

Peut-on dire que le Mouvement a perdu sa force dernièrement?
Le 20 février n’a cessé de se renforcer tout au long des étapes par lesquelles il est passé. Peu de temps après le Mouvement, on a dit que le mouvement a perdu sa fougue. Est venu alors le 20 mars pour tout démentir, après cela le 8 mai à Marrakech. Et cela continue ainsi. Pour rappel, le 20 février a commencé dès le 27 janvier 2011 après la réussite de la révolution en Tunisie et le début de la révolution en Egypte. C’est ainsi que les prémices du Mouvement ont commencé à apparaître dans le monde virtuel à travers des débats autour des revendications et du désir de changement et de liberté prônés par les sympathisants. Le passage vers le monde réel s’est fait par la création de comités régionaux. On avait organisé notre première conférence de presse le 16 février à Rabat pour annoncer la constitution de comités de soutien au mouvement.

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