Ouverture timide du bal de la contestation

C’est dans le cadre d’une approche, qui inscrit les préoccupations d’ordre syndical dans une optique globale de développement économique et social, que la déclaration gouvernementale présentée par le Premier ministre, Driss Jettou, entend concevoir l’avenir des rapports entre les différents partenaires sociaux du pays.
« Le gouvernement, annonce M. Jettou, est convaincu que la résorption du problème du chômage est tributaire de notre capacité à moderniser le code du travail, à instaurer une paix sociale durable, un climat de confiance et à établir une relation basée sur l’entente entre le gouvernement et les partenaires économiques et sociaux dans le cadre d’une nouvelle charte sociale ».
Car, dit-il, « un tel climat est à même de renforcer la confiance des investisseurs étrangers, d’encourager le drainage des capitaux internationaux et de contribuer au renforcement de notre compétitivité sur les marchés financiers».
Et d’ajouter qu’«au regard du rôle primordial que jouent les centrales syndicales dans l’encadrement et la représentation des citoyens, et de leur statut de partenaire essentiel dans l’effort de développement de l’économie nationale, le gouvernement entourera ces partenaires sociaux de l’intérêt qu’ils méritent et leur accordera le soutien nécessaire pour organiser et mettre à niveau leurs structures, améliorer et moderniser l’action syndicale, afin que les syndicats puissent assumer leurs responsabilités avec efficience et professionnalisme ».
M. Jettou a conclu ce chapitre par l’expression de son « espoir de parvenir, dans les meilleurs délais, avec les opérateurs économiques et les centrales syndicales, à un consensus sur un certain nombre de réformes primordiales pour l’avenir de l’économie nationale ». Il compte, à cet effet, parvenir à un accord sur des questions décisives tels le projet de code du travail, la loi organique relative à l’exercice du droit de grève, l’assurance sur les risque de perte du travail, l’application progressive de l’assurance maladie obligatoire et la retraite proportionnelle».
«Quelque 120.000 postes d’emploi seront vacants après l’application de cette dernière mesure dans les secteurs public et privé», précise –t-il.
Interrogés sur la position à l’égard de cette déclaration, Miloudi Moukhariq, secrétaire national de l’UMT ( Union marocaine du travail), et Abdelkader Zayer, premier responsable de la CDT (Confédération démocratique du travail) après Noubir Amaoui, ont préféré attendre les décisions officielles des instances concernées de leur syndicat.
Pour M. Moukhariq, il faudrait attendre la réunion du secrétariat national, alors que pour M. Zayer, cette tâche incombe au groupe parlementaire de sa centrale, dans la Chambre des conseillers.
En revanche, dans les rangs de l’Union générale des travailleurs du Maroc ( UGTM), le ton est plus ouvert. La déclaration gouvernementale, rapporte Mohamed Benjelloun Andaloussi, membre du Bureau exécutif de cette centrale, fait part de bon nombre de questions sociales. Mais, celles-ci sont traitées sous un angle qui les relègue au rang de dépendance vis-à-vis des orientations économiques générales» ; et ce, comme si les syndicats constituent un facteur de blocage au développement et au progrès social. M. Andaloussi rappelle, à cet effet, l’échec des expériences menées par les gouverneurs et walis sur les plans régional et local et conditionne «le succès de toute mesure de développement social et de croissance économique par la mise en place de réformes réelles dans l’Administration et la Justice». «Le Code de travail, à lui seul et aussi parfait qu’il soit, ne saurait inciter à l’investissement», conclut-il.

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