Pacte éthique : Les partis politiques rejettent l’offre d’Aboudrar

La Journée de communication sur l’intégrité et la transparence de la vie politique organisée par l’ICPC a suscité des débats contradictoires autour du projet de charte éthique entre les partis qu’on croyait pourtant affaire entendue. S’ils ont plus ou moins reconnu leur adhésion à un tel pacte et leur volonté d’y souscrire, la plupart des leaders des 26 formations politiques qui ont pris part aux travaux ouverts par Abdeslam Aboudrar samedi matin à Rabat ont néanmoins formulé des réserves sur la procédure suivie. Parmi ces derniers, le FFD et le MP ont été les plus critiques. Prié de dire ce qu’il pensait de l’initiative, Thami El Khyari s’est refusé à tout commentaire, quant à Mohamed Serghini, du bureau politique du Mouvement populaire, il a fait remarquer au président de l’ICPC que le projet aurait gagné à se fonder sur la concertation préalable et l’élaboration commune. C’est donc dans une atmosphère de totale incertitude que les travaux de la journée ont débuté par la composition du panel de la conférence. Aboudrar a semblé vouloir mettre les choses au clair. A ses côtés à la tribune, il y avait, en effet, le secrétaire général du CNDH, Mohamed Sebbar, et Driss Benzakour, le représentant de l’Institution du Médiateur. Le président de l’ICPC l’a dit d’entrée : la lutte contre la corruption confine par maints côtés aux droits des gens. Au demeurant, un droit qui a des répercussions déterminantes sur le développement économique et social et des conséquences tout aussi importantes sur la stabilité politique. Considérant ces retombées, a-t-il estimé, il est vital de moraliser la vie publique et, en particulier, ceux qui en sont la cheville ouvrière, à savoir les partis politiques. Citant l’article 11 de la Constitution, il a décrit le rôle dévolu aux formations politiques dans l’encadrement du citoyen et l’acquisition de la culture politique qui permet de former les élites capables de bien diriger la chose publique. Les rédacteurs de la charte, a-t-il ajouté, ont été guidés par deux idées essentielles. La première a trait à l’obligation qu’ont les autorités de respecter et de faire respecter la loi et aussi de veiller à la moralité et à la légalité des comportements dans un cadre marqué par leur neutralité. En contrepartie, la classe politique a la latitude de marquer le degré de son adhésion au projet de société choisi par le biais de programmes reflétant fidèlement les attentes des citoyens et par la présentation de candidats compétents et honnêtes. Contrairement à ce qu’on a pu en dire, le projet de charte n’est pas limité aux seuls partis, il a également écorné le travail du Parlement. Pour l’ICPC, il est, en effet, essentiel de mettre fin à l’absentéisme et à l’improductivité auxquels se sont accoutumés des élus de la nation. Ces considérants annoncés, Aboudrar a déclaré que la participation de l’ICPC à la moralisation de la vie publique énonce une double proposition : la refonte des textes couplée à la restructuration de l’institutionnel présidant à la bonne gouvernance et une sensibilisation générale décrétant la corruption hors la loi. Mohamed Sebbar, qui a renchéri sur ce point en affirmant que le premier pas sur cette voie était d’assurer honnêteté et transparence aux législatives du 25 novembre, a déclaré que le CNDH a déjà formé quelque 600 observateurs pour en suivre le déroulement. Il a fait remarquer qu’observation n’est pas contrôle car, a-t-il dit, elle est plus affaire de culture que d’autorité. Mais ces arguments n’ont pas emporté l’adhésion et, devant les critiques des uns et des autres, l’ICPC s’est contentée d’un communiqué, reportant la signature de la charte au début de cette semaine. Aboudrar n’a pas pu moins faire que d’accepter d’amender les articles 30 et 6. Mais il s’attendait d’entrée à ces réticences dont la plupart étaient plus des requêtes de forme que de fond. Il s’y attendait tellement qu’en réponse à une question d’ALM lui demandant ce qu’il allait faire si les partis ne signaient pas, il a répondu : «Nous nous rabattrons sur le communiqué final en attendant mieux. Car, on finira bien par comprendre que cette charte est dans l’intérêt du Maroc nouveau».

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