PAM, USFP, RNI et UC passent le témoin à l Istiqlal de Chabat : L’opposition en panne d’inspiration

PAM, USFP, RNI  et UC passent le témoin  à l Istiqlal de Chabat : L’opposition en panne d’inspiration

Où est l’opposition ? Ses partis les plus représentatifs (RNI, PAM, USFP ou encore l’UC) peinent à se faire entendre. Au Parlement, leurs propositions de loi sont rares. Alors que la situation de plus en plus délicate du Maroc suppose la présence de tous les acteurs politiques. Mais jusque-là, aucune proposition alternative concernant les réformes urgentes (retraite, Caisse de compensation, réforme fiscale…) n’a été formulée par ces partis. Les résultats des dernières élections législatives partielles ont confirmé une quasi-absence de l’opposition. Les réactions de cette dernière ont été timides et inefficaces face à des décisions «impopulaires» prises par le gouvernement (hausse des prix d’essence, coupe budgétaire…). L’absence est encore plus manifeste dans ce contexte marqué par une crise économique et sociale grave, une montée de fondamentalisme, des menaces sur l’intégrité territoriale mêlées à une perte de vitesse de la diplomatie gouvernementale.
Pourquoi l’opposition fait-elle difficilement le poids face à la majorité? Pour Mohamed Darif, politologue, deux raisons expliquent cette situation. D’un côté, il est question de paramètres internes à ces partis. Et d’un autre, c’est lié au comportement de la majorité.
Concernant le premier volet, M. Darif souligne que les partis qui forment le gouvernement ont des difficultés à crédibiliser leur discours : «L’USFP comme le RNI traînent derrière eux 13 ans de participation aux anciens gouvernements (de 1998 à 2011) et un bilan passif aux yeux des citoyens». Il en découle que ces formations politiques ont du mal à critiquer le PJD, parti qui mène le gouvernement à peine depuis un an et demi et qui impute à tous ses opposants la responsabilité de la corruption et tous les problèmes du pays.
Aussi l’USFP comme les autres partis a des problèmes internes qui empêchent les cadres capables de s’opposer de le faire. Pour sa part, le RNI n’a jamais été préparé à assumer le rôle d’opposant et n’en maîtrise pas les mécanismes, estime M. Darif. «Jusqu’à la veille du 25 novembre 2011, les responsables du RNI croyaient qu’ils allaient remporter les élections», dit-il.
De son côté, le PAM a aussi du mal à se défaire de l’image d’un parti contre lequel le Mouvement du 20 février a protesté. «Ces partis manquent aussi de figures populistes à la hauteur de Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal et d’Abdelilah Benkirane, leader du PJD», fait-il observer.
Concernant les facteurs relatifs à la nature de la majorité, «cette dernière ne nous facilite pas la tâche», a déclaré à ALM Mehdi Mezouri, vice-président du groupe parlementaire de l’USFP. Et d’ajouter: «La majorité nous marginalise, alors que la nouvelle Constitution donne un rôle important à l’opposition». Preuve en est, selon lui, le plan législatif présenté au Parlement par le gouvernement: «D’abord, il retarde jusqu’en 2016 la loi organique relative au travail de l’opposition, la privant ainsi du statut de ses droits. Puis par ce même agenda législatif, la majorité gouvernementale accapare toute l’action législative alors que c’est le Parlement – opposition et majorité confondues –  qui légifère», explique ce député USFP. Par ailleurs, M. Darif avance aussi une autre cause tout aussi importante de l’absence de l’opposition. Il s’agit d’un calcul stratégique, une économie d’effort des partis de l’opposition. «A quoi bon s’opposer à une coalition gouvernementale qui, elle-même, manque d’homogénéité ? Le PJD se comporte comme étant en campagne permanente tirant à boulets rouges sur ses détracteurs et même ses alliés. L’Istiqlal assume si bien le rôle de l’opposition au sein même de la majorité», fait remarquer le politologue.
Dans le même sens, il relève les faux pas du gouvernement. «Ce dernier ne cesse d’accumuler les effets d’annonce et les polémiques (publication des agréments, cahier des charges de l’audiovisuel, dialogue sur la société civile, retard des réformes et lenteur d’action…)». Pour lui, «le gouvernement s’engouffre seul dans la tourmente, nul besoin d’enfoncer le clou». Et de conclure : «Si son action était efficace, l’opposition serait dans l’obligation de déployer ses efforts. Parce qu’aujourd’hui l’opposition la plus efficace est celle qui se trouve au sein de la majorité».

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