Paris soutient la modernisation du Maroc avec 600 millions d’euros

Paris soutient la modernisation du Maroc avec 600 millions d’euros

à l’issu de la 10ème Réunion de haut niveau maroco-française tenue vendredi 2 juillet à Paris, sous la coprésidence du Premier ministre Abbas El Fassi et son homologue français François Fillon, les deux Premiers ministres «se sont félicités de l’approfondissement continu du partenariat franco-marocain et ont réitéré leur détermination à soutenir cette dynamique, qui s’est traduite par la finalisation de dix accords et d’un contrat privé», à Paris, lit-on dans la déclaration commune sanctionnant les travaux de cette rencontre. D’une enveloppe globale de près de 147 millions d’euros, ces accords signés vendredi couvrent notamment les secteurs de l’énergie nucléaire civile, les énergies renouvelables, la santé et le travail, la pêche, l’eau et le transport. En plus de ces accords, M. Fillon a annoncé que l’Agence française de développement (AFD), principal organisme d’aide publique, «va porter son enveloppe pour 2010-2012 à 600 millions d’euros au minimum en vue d’accompagner le Maroc dans ses efforts de développement et de modernisation». Cette enveloppe servira notamment à augmenter la part du financement français du projet de Ligne à grande vitesse (LGV), le train rapide Tanger-Casablanca qui permettra au Maroc un «meilleur ancrage à son espace euro-méditerranéen». Pour la période 2007-2009, les concours de l’AFD ont atteint le montant de 460 millions d’euros en faveur du Maroc.
A cette enveloppe, sous forme de prêts, poursuit la même source, s’ajouteront des interventions à conditions de marché en accompagnement de projets publics à forte rentabilité, comme celui du minéroduc de l’Office chérifien des phosphates (OCP), et des interventions de la filiale Proparco de l’AFD, dédiée au financement du secteur privé. A travers cette coopération économique et financière «d’une densité exceptionnelle», la France «soutient résolument» les politiques sectorielles et les grands chantiers lancés par le Maroc et entend accroître ses partenariats avec le Royaume, souligne le texte. De leur côté, les sept ministres formant la délégation marocaine ont tenu des rencontres bilatérales avec leurs homologues respectifs, dont notamment un entretien au Quai d’Orsay entre le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taïeb Fassi Fihri, et son homologue français, Bernard Kouchner. Parallèlement aux entretiens politiques, un Forum d’affaires a réuni, vendredi après-midi, la délégation marocaine présidée par Abbas El Fassi, et les entreprises françaises au siège du patronat français (MEDEF). Par ailleurs, le président français Nicolas Sarkozy a souligné «l’importance des réformes entreprises par SM le Roi Mohammed VI», lors d’une audience accordée, vendredi au Palais de l’Elysée à Paris, au Premier ministre Abbas El Fassi, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri. Au cours de cette audience, M. Sarkozy a relevé «la singularité de la démarche du Maroc, l’importance des réformes entreprises par SM le Roi». «Le développement que connaît notre pays est la relation singulière entre la France et le Maroc à tous les niveaux», a déclaré M. Fassi Fihri à la presse à l’issue de cet entretien. Le ministre a également relevé «l’appréciation faite par la France de l’action menée par le Souverain sur le plan international pour la stabilité et la paix, notamment en Afrique et au Moyen-Orient». «Nous avons saisi cette occasion pour présenter à nouveau la vision du Maroc sur la nécessaire construction du Maghreb, sur les déterminants d’une paix au Moyen-Orient et la nécessaire création d’un Etat palestinien, avec Al Qods-Est pour capitale», a indiqué M. Fassi Fihri. S’agissant du bilan de cette rencontre de haut niveau, le chef de la diplomatie marocaine a mis l’accent sur la «pérennité» de ce rendez-vous et les résultats concrets obtenus lors de cette session qui ont permis aux deux pays de «renouveler leur partenariat stratégique».


La France réitère son soutien au plan d’autonomie pour le Sahara

Le Premier ministre français François Fillon a réitéré, vendredi à Paris, le soutien de son pays à la proposition «pertinente» d’autonomie faite par le Maroc pour dépasser le statu quo et résoudre le différend sur le Sahara. «Cette proposition d’autonomie constitue la base la plus pertinente pour sortir de l’impasse», a dit le chef du gouvernement français au cours de la conférence de presse conjointe clôturant les travaux de la 10ème Réunion de haut niveau (RHN) maroco-française. Pour la France, a-t-il souligné, «le statu quo ne peut pas être un objectif. Il faut un accord, absolument indispensable pour le développement et la sécurité de la région» du Maghreb arabe.


Intensification du partenariat dans le secteur énergétique
Le Maroc et la France ont décidé d’intensifier davantage leur partenariat dans le secteur énergétique, relève la Déclaration commune publiée, vendredi à Paris, à l’occasion de la 10ème Réunion de haut niveau maroco-française (RHN). A cet effet, un accord intergouvernemental fixant le cadre de la coopération future dans le domaine électronucléaire civil, dans le respect de leurs engagements internationaux, a été paraphé par le ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri, et son homologue français, Bernard Kouchner. Cet accord «ouvre la voie à une collaboration approfondie dans les domaines réglementaire, technologique et de formation liés à l’électronucléaire». La France et le Maroc ont signé un autre accord de coopération dans le domaine des énergies renouvelables. Plusieurs projets seront ainsi soutenus par l’Agence française de développement (AFD).


Pour la consolidation du partenariat privilégie UE-Maroc
La France et le Maroc ont convenu, lors de leur séminaire intergouvernemental, d’«œuvrer à la consolidation du partenariat privilégié» existant entre l’Union européenne et le Royaume. Le Maroc et la France se sont notamment accordés sur «la pertinence d’un rapprochement optimal de la législation marocaine vers l’acquis communautaire de l’Union européenne et ce, dans les domaines convenus». Par ailleurs, les deux pays ont réaffirmé leur soutien déterminé à l’Union pour la Méditerranée (UPM). Les deux gouvernements se mobiliseront pour que le prochain sommet soit l’occasion de passer à une phase de réalisation, en particulier dans les domaines de leurs préoccupations communes, comme celui du développement durable (énergie, transport, dépollution) et celui du développement humain (recherche, formation).


Prochaines négociations pour faciliter l’immigration qualifiante
Le Maroc et la France ont décidé d’engager des négociations pour faciliter la mobilité des ressortissants marocains vers l’Hexagone, notamment les jeunes et les professionnels qualifiés. La déclaration commune adoptée par le Premier ministre Abbas El Fassi et son homologue français François Fillon, précise au volet migratoire, que la France a proposé de «travailler à la définition d’un régime conventionnel spécifique relatif à la mobilité des ressortissants des deux Etats».  Ce nouveau dispositif tiendra «compte tout à la fois de la densité des échanges humains entre les deux pays, des orientations fixées dans le Statut avancé et des efforts du Maroc en matière de lutte contre l’immigration illégale». 

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