Parole d’ITF

La Fédération internationale des ouvriers du transport, plus connue sous le nom d’ITF, n’a cessé d’alerter le Maroc sur le caractère douteux que revêt l’opération de recrutement menée à bras le corps par Al Najat Marine Shipping sans que nos responsables n’y prêtent la moindre attention. Et pourtant tous les indices les invitaient à faire preuve de beaucoup plus de vigilance pour esquiver toute mésaventure. La qualifiant de pure escroquerie, l’ITF a clairement appelé le Maroc à prendre ses gardes vis-à-vis de l’opération de recrutement fictif de quelque 30.000 marocains à bord de bateaux de croisière. En vain.
Dans l’édition de juin 2002 du magazine fair-play spécialisé dans le domaine maritime, David Cockroft, secrétaire général d’ITF s’est montré à la fois compréhensif et intransigeant. « Nous comprenons que le coeur de n’importe quel gouvernement puisse battre plus rapidement à l’idée de pouvoir procurer tant de postes pour ses citoyens, mais il est regrettable qu’il ne prenne en compte nos conseils et avertissements au moment opportun ». En se prononçant ainsi, il faisait allusion au gouvernement Kenyan, pris au piège alors qu’il pouvait y échapper sans y laisser de plumes (les auteurs de l’arnaque ont pris plus de 500 000 dollars à au moins 10000 jeunes Kenyans). Car l’ITF, cette autorité mondiale en matière de syndicalisme qui regroupe presque 600 syndicats de transports présents dans 136 pays avait déjà attiré l’attention du gouvernement kenyan sur les agissements peu nets d’Al Najat. Cette dernière avait réussi en juillet 2001 à vendre à des milliers de postulants au Kenya le même programme d’embauche qu’elle a présenté aux Marocains.
Disposant de preuves irréfutables quant à l’implication d’Al Najat dans de nombreuses opérations d’escroquerie de candidats à des postes similaires, l’ITF avait alerté tous les pays que la compagnie maritime « courtisait », dont le Kenya, la Syrie et le Vietnam. Le Maroc disposait de toutes les données sur Al Najat. Et pourtant, il a fallu qu’il laisse ses pauvres candidats payer le prix fort : 900Dh et encore un espoir brisé.

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