Pays-Bas : le leader d’un parti anti-marocain comparait devant la justice pour racisme

Pays-Bas : le leader d’un parti anti-marocain comparait devant la justice pour racisme

C’est hier que s’est ouvert à Amsterdam le procès du député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders. Ce dernier est poursuivi pour incitation à la haine raciale et à la discrimination envers les musulmans et les étrangers non-occidentaux, en particulier les Marocains, ainsi que pour injures envers les musulmans. A l’issue de ce procès prévu sur sept journées d’audience, le député du Parti pour la liberté (PVV) encourt, un an de prison ou 7.600 euros d’amende. D’après le tribunal, l’examen du dossier est prévu lundi, mercredi et vendredi. L’accusation prendra ses réquisitions le 12 octobre et la défense plaidera le 19. Le jugement devrait être rendu le 4 novembre. Geert Wilders est poursuivi pour avoir notamment qualifié l’Islam de «fasciste» et réclamé l’interdiction du Coran, comparé au livre «Mein Kampf» d’Adolf Hitler, dans des déclarations faites entre octobre 2006 et mars 2008 dans des journaux néerlandais, sur des forums Internet et dans son film de 17 minutes «Fitna».
Rappelons que les Marocains étaient plus que les autres communautés résidents aux Pays-Bas visés par les propos haineux de Geert Wilders. Ce dernier avait estimé que «les Marocains d’origine commettent cinq fois plus de crimes et de délits que les Néerlandais de souche». Le nombre des Marocains installés aux Pays-Bas est estimé à 140.000. «Ce dont les Pays-Bas ont besoin, c’est de mettre un terme à l’immigration en provenance des pays musulmans», clamait Geert Wilders. C’est ce qui constituait d’ailleurs le programme de son parti : Pour lui, une baisse de l’immigration permettrait d’éviter une réduction des prestations sociales, de réduire le déficit public et la criminalité. Wilders, dont le parti compte désormais 24 députés sur 150, s’est engagé à soutenir un futur gouvernement minoritaire composé des libéraux, arrivés en tête aux élections, et des chrétiens-démocrates. Libéraux et chrétiens-démocrates ont besoin des députés du parti de M. Wilders, qui a participé à l’élaboration du programme de la future coalition, pour avoir une majorité parlementaire. Le PVV se dit «en croisade contre l’islamisation des Pays-Bas». Geert Wilders ne cesse d’appeler à l’interdiction du foulard dans les services publics et l’arrêt de la construction des mosquées, et allant jusqu’à revendiquer une taxe sur le port du foulard. Ainsi pour les différents observateurs, le Parti pour la liberté de Geert Wilders mène une campagne électorale axée sur l’incitation à la haine raciale et la discrimination envers les musulmans, campagne qui contraste avec le principe de la tolérance multiculturelle dont se réclament les Pays-Bas.

Geert Wilders sort la carte de la liberté d’expression
Le député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a défendu la liberté d’expression, lundi 4 octobre, lors de l’ouverture de son procès à Amsterdam pour incitation à la haine envers les musulmans, tout en refusant de répondre aux questions des juges. «Je suis poursuivi en justice, mais avec moi, c’est la liberté d’expression de beaucoup de Néerlandais qui est poursuivie en justice», a lancé Geert Wilders aux juges, selon une dépêche AFP. M. Wilders, 47 ans, a été autorisé par les juges à s’exprimer pendant deux minutes à l’ouverture de l’audience, comme l’avait demandé son avocat. Celui-ci a annoncé qu’ensuite, son client ne prendrait plus la parole durant le procès, prévu sur sept journées d’audience.

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