Pendant la crise, les affaires continuent

Est-il besoin de rappeler que les entreprises espagnoles sont fortement implantées au Maroc ? Le nombre des structures actives est estimé à 800. Ces structures opèrent dans l’ensemble des secteurs d’activité. Ce chiffre devrait être revu à la hausse, si l’on en juge par l’intérêt croissant que représente le marché marocain aux yeux des opérateurs économiques espagnols.
Conscients de cet état de fait, les responsables espagnols ont toujours revendiqué la position de leurs pays comme étant le leader en matière d’investissements étrangers au Maroc. Mais il semble qu’aujourd’hui, le gouvernement Aznar ignore cette donnée fondamentale. La presse espagnole s’attend à ce que la crise diplomatique entre les deux pays se traduise par une baisse des investissements espagnols au Maroc. Une dépêche de l’AFP datée du 7 décembre 2001, a indiqué sur la base d’une information rapportée par le quotidien économique espagnol Cinco Dias que les investissements ibériques ont chuté de 97,3% en glissement annuel au premier semestre 2001 à 842.000 euros contre 30,9 millions d’euros au premier semestre 2000. Le support souligne qu’après la rupture des négociations sur un accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne affectant essentiellement la flotte espagnole, le Chef du gouvernement espagnol a ordonné officieusement à tous les ministères de revoir à la baisse les opérations économiques en cours avec ce pays du Maghreb, citant des chiffres du registre des investissements à l’étranger du ministère espagnol de l’Economie. Pourtant, interrogé par l’AFP, le service de presse du ministère n’a pas été en mesure de confirmer ces chiffres. Selon Cinco Dias, la grande majorité des investissements réalisés par des entreprises espagnoles au Maroc se fait par le biais d’un programme de conversion de la dette marocaine ou de crédits à la coopération
Pour l’heure, il est prématuré de faire une évaluation sur les éventuelles retombées de cette crise au niveau de la coopération économique. A ce propos, il faut rappeler que ce chantier la visite Royale en Espagne entamée en septembre 2000. Deux accords de partenariat ont été signés portant sur la conversion d’un montant de 40 millions de dollars de la dette en investissements privés et 50 millions de dollars accordés dans des projets de développement des régions du Nord.
S’il s’avère que le gouvernement espagnol actuel est déterminé à revoir à la baisse la coopération économique avec le Maroc, cette démarche n’influence pas, du moins pour le moment, la stratégie des entreprises espagnoles implantées au Maroc. Téléfonica (actionnaire de référence de Méditélécom) ne lésine pas sur les moyens pour booster sa présence.
De même qu’ Endesa impliqué dans le projet de la première centrale de Tahaddart. Comme quoi les intérêts économiques, devenus pièce maîtresse dans les relations entre les pays, l’emportent sur les petits calculs politiques.

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