Pharmaceutique : Une industrie en bonne santé

Le développement qu’a connu le secteur pharmaceutique au Maroc est fortement lié aux circonstances qui ont entouré son apparition. Les difficultés d’approvisionnement en produits pharmaceutiques, dues à la guerre, favorisèrent la création d’une industrie pharmaceutique à partir de 1945. De son état embryonnaire, où elle se maintenait avant cette période, elle s’est restructurée aussi bien au niveau de la commercialisation des produits pharmaceutiques intégralement importés que de la fabrication locale des médicaments. Le Dahir de 1960 stipule que tout médicament commercialisé dans le pays doit y être fabriqué, et donne par là même, le coup d’envoi effectif au démarrage de l’industrie pharmaceutique nationale. Les laboratoires étrangers devaient donc s’implanter ou faire produire sous licence. Depuis, la profession a connu un véritable essor.
Le Maroc qui ne comptait que 8 unités industrielles en 1965, en 26 actuellement. Ceux-ci couvrent désormais près de 85% des besoins de la population contre 15% en 1966. La croissance du secteur a été régulière et d’autant plus facile que les mesures douanières l’ont protégée de la concurrence internationale. D’autant que parmi les 26 entreprises pharmaceutiques, près de 70% sont adossées à des groupes internationaux.
Cette industrie a l’air de bien se porter. En effet, ce secteur a vu son chiffre d’affaires passer de 1,7 milliard de DH en 1990 à 4,03 milliards de DH en 2001. Le chiffre d’affaires du secteur est réalisé à hauteur de 80% sur le marché privé marocain. Les 20% restant ont été drainé par le marché public (10%) et par les exportations (10%).La production pharmaceutique a connu sa forte hausse en 1998 et en 1999, avec une production de 180 millions d’unités. En 2001, la production pharmaceutique s’est établie à 171 millions d’unités. Le marché pharmaceutique marocain reste, lui, très fluctuant en raison de la faiblesse de la consommation locale en médicaments. Ainsi, depuis 1990 la consommation moyenne par habitant et par an a peu varié : de 120 DH, elle est passée à 180 DH en moyenne, en 1997, pour se fixer à 200, depuis 2001. Ce qui place le Maroc parmi les pays les plus en retard en terme de consommation de médicaments. La consommation annuelle per capita avoisine les 350 DH en Tunisie, et atteint en France 3 000 DH par habitant et par an. La dépense annuelle de médicaments représente à peine 2,5% de la dépense des ménages. Une telle situation résulte d’une part de la faiblesse du pouvoir d’achat et d’autre part de la faible couverture médicale enregistrée jusque-là. Seuls 1,5 million de marocains bénéficient aujourd’hui d’une assurance maladie sur 30 millions d’habitants. Une situation en voie cependant de changer, vu le programme de généralisation de l’AMO entamé récemment. Le secteur assure 6 500 emplois directs et crée indirectement près de 30 000 emplois. Cette industrie reste caractérisée par un taux d’encadrement élevé, estimé à plus de 20%, justifié par la haute technicité de l’activité.
A partir de 1995, les investissements dans le secteur ont connu une progression de 200 à 300 millions de DH par an. Le montant de l’investissement entre 1995 et 2000 est ainsi estimé à 1,2 milliards de DH. Malgré la volonté des laboratoires marocains de renforcer leurs positions en consacrant un budget important en investissements, notamment via la construction de nouvelles unités et la modernisation d’anciennes structures, l’industrie pharmaceutique marocaine est surtout une industrie de production secondaire.

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