PJD : «La contestation de l’élection du nouveau maire de Meknès n’est pas un acte de vengeance»

Trois jours après son élection, le mardi 23 juin, le nouveau président de la commune urbaine de Meknès, Ahmed Hilal, a été exclu, vendredi 26 juin, des rangs du PAM. Ahmed Hilal qui s’est présenté aux élections du 12 juin en tant que tête de liste du PAM dans cette ville, a été élu président de la commune urbaine de Meknès avec 43 voix contre 22 pour le candidat du PJD, Abdellah Bouanou. Joint par ALM, Ahmed Hilal a précisé que «pour l’instant, je suis toujours partisan du PAM. Je n’ai pas encore rencontré les responsables de mon parti pour clarifier les choses».
Les raisons de l’exclusion d’Ahmed Hilal, selon un communiqué du secrétariat général du PAM, se rapportent au fait que M. Hilal a failli aux consignes du parti sur l’élection du conseil municipal de Meknès. Cette décision, qui fait suite à «une faute grave», a été prise conformément au statut de cette formation politique, relevant que M. Hilal a contrevenu «à la charte d’honneur qui le lie au parti», aux règlements et aux principes du PAM, ajoute le communiqué. Ceci dit, le PJD a, pour sa part, une autre version des faits. «La démarche du PAM est une réaction directe au recours que le PJD a intenté le lundi 22 juin auprès du tribunal administratif de Meknès contre les résultats des élections du 12 juin dans la ville, notamment, l’élection de M. Hilal en tant que conseiller», a affirmé Abdellah Bouanou, membre du secrétariat du PJD à Meknès et ex-concurrent de M. Hilal à la présidence de la commune urbaine de Meknès. Les motifs de ce recours à la justice se justifient, selon le PJD, par les antécédents délictuels de M. Hilal. «Ahmed Hilal a été condamné en 2001, par le tribunal de première instance à un an d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 5.000 DH pour falsification de documents bancaires, abus de confiance et escroquerie. La Cour d’appel a confirmé cette peine à l’encontre de M. Hilal qui ne s’est pas opposé au verdict qui lui a été notifié le 1er juin 2009. Donc le jugement a acquis l’autorité de la chose jugée», a affirmé Abdellah Bouanou. Et d’ajouter que «l’élection de M. Hilal serait en violation des dispositions des articles 5, 41, 42 et 74 du Code électoral». Ainsi, selon la version du PJD, le PAM s’est donc rattrapé le 26 juin, en excluant Ahmed Hilal de ses rangs et a évité ainsi le scandale. M. Bouanou affirme que le PJD avait attiré l’attention lors de la campagne électorale des antécédents de M. Hilal mais la coalition, qui a porté M. Hilal à la tête de la ville de Meknès, a refusé de revenir sur son choix. Et c’est la veille de l’élection du président et du bureau de la commune urbaine de Meknè que le PJD a intenté un recours en justice. «La candidature d’Ahmed Hilal est légale. L’Etat lui a remis lors du dépôt de sa candidature le reçu définitif qui prouve la conformité de sa candidature à la loi. Certes, mon client a été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis, mais ce jugement n’est pas encore définitif. En plus, la loi précise que dans les procès relevant de l’action publique, le verdict doit être  notifié personnellement à l’intéressé. Ce qui n’est pas le cas pour mon client. En outre, une fois notifié, l’intéressé a un délai de 5 ans pour s’opposer. Je pense qu’il s’agit là d’une affaire plutôt politique que juridique», a indiqué l’avocat de M. Hilal, Mohamed Daoui. Le tribunal administratif de Meknès devrait tenir aujourd’hui sa première séance alors que la deuxième séance est prévue pour le 13 juillet. Parallèlement, le PJD intente aujourd’hui un autre recours contre M. Hilal auprès du tribunal administratif. Et cette fois-ci contre son élection en tant que président de la commune urbaine de Meknès. Le PJD affirme qu’au cas où le tribunal administratif annule l’élection du président, il sera procédé à une nouvelle opération de vote du nouveau président, alors qu’au cas où le tribunal annule la liste du PAM dans la ville de Meknès il sera procédé à des élections partielles dans cette ville. Mais au-delà des positions du PAM et du PJD vis-à-vis de ce sujet, certains observateurs se sont posé la question : Ne s’agit-il pas d’une manœuvre du parti islamiste pour se venger dans la ville où il a été détrôné suite à la destitution de l’ex-maire péjidéiste Aboubakr Belkora. Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane écarte cette analyse. «Il ne s’agit pas d’une question de vengeance et ce n’est pas une affaire personnelle. Il s’agit plutôt d’une bataille politique. Nous avons fait l’objet d’une injustice quand Aboubakr Belkora a été démis de ses fonctions de maire de la ville de Meknès et nous étions victimes d’une attaque médiatique féroce. Nous n’avons rien de personnel contre M. Hilal, mais il est de notre mission d’empêcher une personne qui n’est pas qualifiée de devenir maire d’une ville marocaine», a confié le secrétaire général du PJD à ALM.

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