Plus de 780.000 ménages vivent dans des habitats insalubres

Plus de 780.000 ménages habitent dans des constructions non réglementaires, soit environ quatre millions d’habitants. Ces chiffres ont été annoncés par le Secrétariat d’Etat chargé de l’Habitat. Dans les villes, un ménage sur dix vit dans une habitation sommaire ou précaire et quatre seulement sur dix sont propriétaires de leur maison. Lors du recensement général de 1994, quelque 230.000 familles bidonvilloises ont été recensées. Environ neuf ans plus tard, ce chiffre a grimpé d’une façon spectaculaire. Ainsi, plus de 10 % de la population marocaine continue de vivre dans habitations insalubres. Et des milliers de logements clandestins sont produits chaque année. En dépit des lois en vigueur, le phénomène continue de prendre de l’ampleur. Il faut dire que la question de l’habitat insalubre concerne trois types d’habitations. Il s’agit des bidonvilles, des quartiers sauvages construits généralement dans la périphérie des grandes et petites villes et anciennes habitations, non entretenues ou dans le monde rural. Ce phénomène s’est accentué par l’incapacité du secteur formel à satisfaire la demande des catégories défavorisées de la population, et des circuits bureaucratiques, qui dominent la procédure foncière-administrative et la rendent coûteuse par rapport aux moyens des populations à revenu modeste. S’ajoutent à cela la faible implication des collectivités locales à la conception des programmes d’aménagement du territoire, la corruption qui sévit dans le secteur, l’exploitation des élections dans ce sens, et des fois le comportement réconciliant ou même complice des autorités locales. Lors du discours Royal du 20 août 2001, SM le Roi Mohammed VI a érigé la question de l’habitat insalubre en « priorité absolue » du fait qu’il « menace l’équilibre de notre tissu social et de notre environnement » et « entrave les efforts de développement du pays ». En 2003, le Souverain a également soulevé cette question, appelant tout le monde à participer pour éradiquer ce fléau.

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