Plus tôt détecté, plus tôt guéri

La tumeur qui touche le sein est dévastatrice dans le sens où elle progresse très vite dans tout l’organisme : elle «métastase» rapidement. Mais plus tôt un cancer du sein est détecté, plus les chances de guérison totale sont grandes.
Une équation qui ne peut se réaliser que si les femmes surpassent leur pudeur pour consulter un médecin, dépassent leur peur de la maladie et s’informent des risques et des remèdes. Car s’il y a une chose qui effraie toutes les femmes, c’est bien celle-ci : qu’on retire le sein «malade». Il faut savoir que cette ablation n’est indispensable que dans les cas avancés de cancer, lorsque le sein est totalement atteint, et que cette ablation a pour but d’empêcher la propagation du cancer aux autres parties du corps.
La tumeur -dite «maligne»- se présente le plus souvent sous la forme d’une petite boule. Mais détecter une telle masse ne veut pas non plus dire que cela en est une : dans 95 % des cas, elle révèle quelque chose de bénin. La seule façon d’en être sûre est alors de faire un prélèvement, qui ne nécessite pratiquement jamais une hospitalisation.
Les symptômes à prendre en compte pour détecter une tumeur sont l’écoulement du mamelon ou encore une déformation du sein (pigmentation, effet «peau d’orange»). Si dans des pays comme le Canada on sait que ce cancer touche une femme sur dix – une sur onze en France -, au Maroc, les médecins ne disposent d’aucune statistique. Ils évaluent le nombre de cas à 3.000 par an, un chiffre sous-estimé selon eux. Autre particularité du pays, ce cancer touche des femmes particulièrement jeunes -à partir de 30, 35 ans -alors qu’en Occident, les deux tiers des cancers du sein se développent chez des femmes de plus de 50 ans. Une différence qui n’est à ce jour pas encore expliquée, ni même le «pourquoi» et le «comment» de l’apparition du cancer lui-même.
De récentes découvertes ont cependant permis de localiser deux gènes prédisposés au développement de cette tumeur. Pour mieux évaluer l’apparition de la maladie, les médecins relèvent cependant des «facteurs favorisants»: le stress, le tabac, le manque de sport, et une alimentation grasse. Il est aussi admis qu’une femme dont un membre de la famille a déjà eu un tel cancer risque deux fois plus que les autres femmes de le développer. Par ailleurs, 15 % des femmes traitées pour un cancer du sein développent ensuite une tumeur sur l’autre sein. D’où la nécessité d’un suivi médical particulièrement attentif.
Le constat est certes alarmant : un cancer du sein peut toucher toutes les femmes et il est impératif de mettre toutes les chances de leur côté au cas où elles le développeraient. Il faut encore le répéter: plus leur cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont importantes, et les traitements réduits.
Le Maroc dispose d’ailleurs de toutes les thérapeutiques existantes qui peuvent faire face à tous les types de cancers du sein. Même si seulement quatre centres de dépistage sont à la disposition des patients… La mammographie et la radiographie sont les deux outils les plus utilisés pour révéler les petites tumeurs, pas toujours détectables par la seule palpation des seins. Un geste qui peut -et même doit-être régulièrement effectué par la femme elle-même. Pour sa propre vie. Et pour son sein.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *