PME, le grand absent

Aujourd’hui le Maroc : Entant que président de la Fédération des PME mais aussi en tant qu’entrepreneur, quelle est votre appréciation de la dernière déclaration gouvernementale ?
Adnane Debbagh : Notre réaction ne peut être que positive et nous sommes très réceptifs aussi bien au fond qu’à la forme de cette déclaration. Le discours de M. Jettou a pris acte des réalisations du gouvernement de l’alternance et des instructions royales. Nous y voyons surtout un coup d’accélérateur remarquable de tous les chantiers économiques en cours ou à venir. Prévus initialement en 2010, tous les grands chantiers sont désormais programmés jusqu’à 2007. le tout, avec l’une approche sectorielle de la mise à niveau qui profitera aux secteurs vitaux de l’économie nationale comme le tourisme et l’agroalimentaire. Il y a aussi la nouvelle politique de l’infrastructure et le pas remarquable franchi dans l’approche globale de la problématique sociale par la volonté d’accélérer la promulgation des lois sur le code du travail, sur les accidents de travail et sur l’assurance maladie obligatoire.
On a assisté à une présentation chiffrée des projets à venir, avec des délais de réalisation. Mais une question se pose d’elle-même, avec quelles ressources va-t-on les financer ?
S’il y a une différence entre la dernière déclaration gouvernementale et celles qui l’ont précédée, ce serait au niveau du ton. Un ton nouveau qui représente pour nous une garantie de l’exécution des chantiers présentés. Il n’y a pas à s’alarmer sur les moyens de financements. Tenons par exemple un projet aussi colossal que le Port Méditerranée. Pratiquement tous les fonds, étrangers comme marocains, nécessaires à sa réalisation sont déjà réunis. Le Premier ministre s’est engagé sur une sorte de cahier des charges bien défini, un timing bien précis, une approche prônant l’obligation de résultat. Ponctuellement, des pauses s’imposeront afin d’évaluer l’état d’avancement des engagements pris.
L’économie marocaine table, dans sa mise à niveau sur certains secteurs comme le tourisme. Nous affichons l’ambition d’atteindre, d’ici 2010, 10 millions de touristes par année. A-t-on les moyens d’atteindre nos objectifs ou en restera-t-on au stade des voeux pieux?
Je crois que si nous maintenons le cap, avec des contrats-programmes sectoriels comme plate-forme de travail, les résultats suivront fatalement. D’autant qu’il y a une prise de conscience générale, pas uniquement chez les opérateurs économiques mais aussi chez les Marocains de façon générale, que le tourisme est une source importante de richesses. Sans excès d’enthousiasme, je dirais que cet objectif est parfaitement réalisable. On peut même faire mieux.
S’agissant de l’investissement, le précédent gouvernement avait présenté un programme de privatisations très ambitieux mais qui n’a été mené à terme que partiellement. L’Histoire, risque-t-elle de se répéter ?
Derrière tous les axes que je vous ai cités se cache une locomotive qui ne semble pas attirer l’attention mais qui constitue la clef de tous les investissements à venir : la politique de l’habitat. Un projet comme les 100 000 logements par an est un énorme investissement en soi et constitue la base de toutes les autres formes d’investissement. Un logement équivaut à 5 emplois directs et 5 autres indirects. Si l’on s’amuse à faire le compte, on se retrouve avec un million d’emplois entre le direct et l’indirect. Le vieux dicton «quand l’immobilier va, tout va» est plus que jamais d’actualité. Le privé est amené la fois à y prendre part et en tirer partie. Je marquerais cependant ma surprise de voir la disparition d’un département comme les PME du gouvernement, alors que son maintien aurait largement contribué à cette nouvelle dynamique, notamment dans la résorption du chômage.

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