Police : Proximité et efficacité

Face à la recrudescence de la criminalité, essentiellement dans les grandes villes du Royaume, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a lancé un vaste chantier de restructuration et de modernisation. Le mot d’ordre de ce plan de mise à niveau est en fait double: proximité et efficacité. Ces deux notions englobent, en effet, la nouvelle vision de la Direction générale de la mission de la police nationale.
C’est ainsi que dans un souci de proximité, la DGSN a décidé de transférer les attributions des chefs de Sûreté aux chefs de districts. Pour illustrer cela, prenons l’exemple d’une ville comme Rabat. Le découpage de la capitale englobe, aujourd’hui, trois districts qui opèrent sous la houlette d’un chef de Sûreté. Dans la nouvelle vision de la DGSN, les missions du chef de Sûreté seront, lorsque la réforme sera effective, dévolues aux trois chefs de districts.
L’idée de proximité est clairement affichée. La police appliquera ainsi le fameux principe de déconcentration, un des piliers de la proximité. Cette réforme aura pour conséquence directe un confort certain pour les citoyens. Pour la simple raison que les dossiers, habituellement traités au niveau du chef de Sûreté, le seront désormais à une échelle hiérarchique et territoriale plus basse et donc plus rapide. L’une des principales critiques formulées à l’égard de la police étant la lenteur, cette réforme y apporte une solution pour le moins efficace. En termes clairs, à Rabat, il n’y aura plus un seul chef de Sûreté mais trois, voire plusieurs.
A noter aussi que ces chefs de districts vont agir sous le contrôle du préfet de police, dont la mission principale sera d’animer et de coordonner l’action des chefs de districts.
Ceci dit, l’architecture des services extérieurs de la police ne connaîtra pas une grande modification. Ainsi, les brigades urbaines de la police judiciaire, considérée comme une police répressive, continueront à intervenir dans leurs domaines de compétence. Qu’il s’agisse d’affaires criminelles, de moeurs, de stupéfiants ou autres, l’action des brigades urbaines de la police judiciaire va certainement bénéficier de l’élan de modernisation que connaît la DGSN.
Même chose pour les renseignements généraux (RG) et la sécurité publique. Cette dernière étant considérée comme une police administrative se chargeant également des affaires criminelles d’une gravité moins élevée que la PJ., et les RG comme une police préventive.
A côté de cette police que l’on pourrait qualifier de « classique », la DGSN a entrepris de créer des Groupes urbains de Sécurité (GUS). A travers ce nouveau corps, les responsables de la DGSN veulent répondre, avant tout, à la question de l’efficacité. Si la police classique devra désormais se charger de l’examen des dossiers, de l’enquête criminelle, bref, du travail d’investigation, les GUS, quant à eux, seront considérés comme des pompiers de la police. L’urgence est leur souci premier. En France, la police nationale a également l’équivalent des GUS: les groupes régionaux de sécurité ainsi que la police communale.
Au Maroc, le débat concernant la création d’une police communale a été ouvert par l’UC, dont le chef de groupe à la Chambre des représentants, Zakaria Semlali, a déposé une proposition de loi pour la création d’une police communale. Ce débat a été mis en veilleuse.
Les GUS, en tout cas, auront une logistique propre. Ils seront motorisés (motos et véhicules légers) et seront capables d’intervenir n’importe où, et à n’importe quelle heure. Et pour cause, on a longtemps reproché à notre police son absence et son incapacité de gérer l’urgence, essentiellement dans les quartiers périphériques des grandes villes du Royaume. Les GUS sont une réponse à cela.
Plusieurs éléments de la police ont été appelés pour un stage de perfectionnement de trois mois environ. Il s’agit des futurs membres des GUS. Habituellement, la DGSN fait appel à des étrangers experts dans ce type de formation. Les GUS ne font pas exception.
Après l’intervention des membres des GUS, dans un endroit donné, les affaires criminelles seront bien évidemment transférées aux services compétents. Ces derniers ont un rôle extrêmement important. Ceci dit, le travail de terrain n’est absolument pas l’apanage des GUS. Mais grâce à la création de ces derniers, les services extérieurs vont enfin pouvoir travailler dans la sérénité.

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