Polisario : 160 séparatistes repentis s’apprêtent à rallier le Maroc

Près de 160 dissidents du Polisario, sur un total de 1200, s’apprêtent à regagner la mère patrie. Ce retour intervient près de trois mois après la «Déclaration» historique de Gjijimat, proclamée le 15 décembre 2007, lors du congrès du même nom tenu parallèlement et non loin de l’endroit où s’est tenu le 12ème congrès du Polisario, à Tifariti. Dans cette déclaration, les congressistes de Gjijimat avaient annoncé, ouvertement, leur adhésion à la solution d’autonomie proposée par le Royaume du Maroc, marquant, par la même occasion, leur dissidence vis-à-vis de la direction du Polisario. Khalli Henna Ould Errachid, président du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas), avait salué, lors de la dernière session du conseil à Smara, «le courage» des congressistes de Gjijimat, affirmant que les autorités marocaines avaient «pris les dispositions sécuritaires et logistiques nécessaires pour accueillir et protéger les ralliés contre le Polisario». Le ralliement qui aura lieu incessamment devrait coïncider avec la célébration, par le Polisario, du 32ème anniversaire de sa création, le 27 février. «Manière de montrer, à la face du monde, le vrai visage du Polisario, qui a réussi à faire le vide autour de lui, au point de brasser du vent aujourd’hui», explique un membre du Corcas, en ajoutant : «Il n’y a pas meilleure réponse à l’entêtement des dirigeants du Polisario». Autre clou à planter au cercueil du front séparatiste, et au-delà de cette nouvelle vague de dissidences, – qui en dit long sur sa déconfiture avancée -, c’est l’endroit même choisi pour l’accueil des dissidents du Polisario. C’est bien à Mhiriz, une région marocaine que le Polisario présente, du haut de sa supercherie, comme «un territoire libéré», que cet accueil a lieu aujourd’hui. Des réunions de haut niveau ont été tenues, récemment, à Laâyoune, pour mettre au point les derniers préparatifs pour l’acheminement des ralliés à partir de Mhiriz en direction des villes de Dakhla, Smara et Laâyoune. Une délégation constituée de responsables et de membres du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes, ainsi que des autorités locales devrait, selon des sources locales, accueillir les ralliés.
«La patrie a toujours réservé un accueil chaleureux à ses fils», affirme un membre du Corcas. «Toutes les mesures ont été prises pour garantir un retour, dans la dignité, et dans les meilleures conditions, des ralliés», a-t-il ajouté évoquant, entre autres dispositions, «la prise en charge de l’hébergement, la nourriture, et bien d’autres mesures». Pour le reste des congressistes de Gjijimat, environ un millier, les autorités marocaines s’étaient déjà engagées à assurer leur protection contre toutes éventuelles représailles de la part du Polisario. «Il faut attendre que des questions d’ordre logistique soient réglées pour les voir rallier, à leur tour, la mère-patrie», assure la même source.
Rappelons que, suite à l’annonce de la dissidence des leurs, les familles des congressistes de Gjijimat avaient fait l’objet d’une vague de répression organisée par les services algériens dans les camps de Tindouf. Ces actes de représailles ont visé, principalement, les familles originaires des tribus d’Oulad Dlim, Oulad Sbaâ, Cheïkh Maâ El-Aïnin, et Souaâd. Ils avaient déjà fait un mort lors du simulacre de congrès du Polisario, attribué, faussement, à des «bousculades», alors qu’il s’inscrivait dans le cadre d’un plan bien organisé pour mater les dissidents.  Au-delà des congressistes de Gjijimat, les services algériens, par le biais des éléments armés du Polisario, s’en étaient pris violemment aux membres d’un autre mouvement dissident, nommé «Les jeunes partisans du retour». Ce mouvement, né également dans la foulée du 12ème congrès du Polisario, avait proclamé, dans un communiqué, son adhésion à la proposition d’autonomie, en disant se démarquer, dorénavant, du front séparatiste, accusé de despotisme. Le même grief a été relevé en début février chez un nouveau mouvement dissident créé, plus précisément, le 3 février 2008, à Las Palmas, aux Iles Canaries.

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