Polisario : Abdelaziz contesté par les siens

Le courant "Khat Achahid" (voie du martyr) revient à ses attaques contre Mohamed Abdelaziz et la direction du Polisario. Dans un récent entretien accordé à un journal arabophone publié à Londres, Salek Mahjoub, l’un des leaders de ce mouvement, qui se revendique comme réformiste, affirme que Mohamed Abdelaziz et son entourage sont obnubilés par le pouvoir et l’argent. Pour Salek Mahjoub, installé à Madrid, le chef du Polisario fait tout pour rester au pouvoir et n’hésite pas à faire bénéficier un groupe de personnes de larges privilèges pour s’assurer leur allégeance. Ce dernier cite nommément l’"ambassadeur" du Polisario à Alger, Mohamed Yeslem Beissat comme exemple.
"Une pièce de théâtre de mauvaise réalisation", c’est ainsi que Salek Mahjoub qualifie le dernier congrès du Polisario en 2003 à Tifariti estimant qu’au lieu d’instaurer le libre choix, la direction du Polisario fait tout pour rester au pouvoir. Le responsable de "Khat Achahid" s’exprime d’ailleurs sur les dernières festivités des mercenaires dans cette zone-tampon à l’occasion du 30ème anniversaire de la "RASD" affirmant que ces festivités étaient destinées à la "consommation interne" et que les moyens financiers mobilisés à cet effet auraient dû servir à secourir les victimes des inondations dans les camps de Tindouf.
Salek Mahjoub affirme également que l’actuelle direction du Polisario ne pourrait prendre part aux négociations d’une solution politique avec le Maroc. Pour lui, il faut d’abord que Mohamed Abdelaziz, détenteur d’un vrai record "après Castro et Kadhafi", et les siens permettent l’organisation d’élections libres et transparentes lors du prochain congrès du Polisario prévu en octobre 2006. A moins, affirme-t-il, que l’actuelle direction ne décide un report de ce congrès en guise de fuite en avant.
Ce n’est pas la première fois que le courant "Khat Achahid" s’exprime contre la politique de Mohamed Abdelaziz. Ce courant a commencé à faire parler de lui en 2003 et surtout en 2004. Formé de jeunes cadres ayant séjourné, pour études, en France et en Espagne notamment, il a fini par devenir le principal pourfendeur, de l’intérieur, de la politique du Polisario. Ce sont d’ailleurs des membres de ce courant qui ont organisé et encadré les dernières manifestations populaires dans les camps de Tindouf. C’était début juillet 2005 quand le Polisario a perdu le contrôle de plusieurs camps et notamment les camps "Aousserd", "Dakhla" et "Smara". A l’époque, Mohamed Abdelaziz s’était réfugié en Libye prétextant la préparation du sommet de l’UA. Le calme n’avait pu être rétabli qu’après l’intervention des services de sécurité algériens qui avaient quadrillé les camps des séquestrés.

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