Polisario et terrorisme : Les liaisons dangereuses

À défaut d’un règlement définitif du conflit du Sahara, la région pourrait devenir source d’instabilité, non uniquement pour le Maghreb et le Sahel, mais également pour l’Europe et au-delà : dans la région du Golfe. Selon le Pentagone, ce vaste territoire, un no man’s land sillonné par les nomades touaregs et les contrebandiers, pourrait servir de base arrière pour les organisations terroristes voulant planifier des attaques contre les intérêts occidentaux dans le monde. Les antécédents ne maquent pas pour appuyer une telle thèse. Les services de renseignements de diverses puissances mondiales ont déjà tiré la sonnette d’alarme quant aux risques que représente cette zone. Faut-il, entre autres, rappeler l’attaque de la caserne Lemghiti en Mauritanie ?
Des sources étrangères avaient affirmé que des éléments du Polisario y avaient participé aux côtés de terroristes de l’ex-GSPC (Groupe salafiste pour le combat et la prédication). Des sources sahraouies poussent ce raisonnement encore plus loin. D’ex-leaders polisariens affirment que près de 6.000 militants démobilisés après le cessez-le-feu de septembre 1991 continuent de circuler avec leurs armes. Des fusils-mitrailleurs sont ainsi proposés, aux plus offrants, entre autres sur les marchés mauritaniens et maliens.
Un trafic massif d’armes est à craindre dans ce sens. Plus encore, les mêmes sources affirment que les générations nées après 1975, et donc non imprégnées de la doctrine marxiste-léniniste, commencent à manifester d’inquiétants penchants aux idéologies salafistes belliqueuses et pourraient rallier les groupes terroristes de la région. Le risque est d’autant plus grand que ces dernières générations avaient été scolarisées selon le système algérien et avaient vécu les événements sanglants qui font le quotidien de cette région depuis 1991.
Pour comprendre le danger que pourrait représenter la naissance d’un Etat tampon dans cette région, il suffit de voir ce qui se passe actuellement en Algérie. Ces derniers mois, l’armée algérienne a multiplié les opérations de ratissage pour réduire l’état de nuisance d’Al-Qaïda au Maghreb, ex-GSCP. Après chaque opération menée par les autorités algériennes, ce groupe terroriste réplique avec des attaques visant les endroits les plus sécurisés en Algérie.
Les membres de ce groupe terroriste, qui a prêté allégeance à Ossama Ben Laden, profitent des zones frontières entre l’Algérie, le Mali et le Niger, considérées comme une véritable passoire.
En effet, selon des services secrets de plusieurs pays, les groupes terroristes, actifs dans cette région, se livrent à toutes sortes de trafics pour financer leurs opérations. Il s’agit de trafics de drogues, cigarettes, d’armes mais aussi de trafic humain.
Une zone de non-droit ouverte sur «l’inconnu», ce qui hypothèque l’avenir non seulement de cette région, il y va de la stabilité de tout le Maghreb et bien au-delà.

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