Polisario : Le fric d’abord

Polisario : Le fric d’abord

On le savait… mais pas dans ces proportions. Personne n’ignorait que les responsables polisariens ne revêtaient l’uniforme d’indépendantistes le jour que pour mieux se remplir les poches dans l’ombre. On savait que les aides humanitaires servaient les intérêts d’Abdelaziz & Co. Mais pas à ce point ! Ce ne sont pas des détournements sporadiques, mais un trafic organisé par une bande d’escrocs rompue à l’art de dévier des denrées censées soulager la misère des populations séquestrées dans les camps de Tindouf.
Le document, publié mercredi sur le site http://www.sahara-marocain.com/, est accablant. Il retrace les développements qui ont conduit au scandale de l’exploitation de l’aide humanitaire par Mohamed Abdelaziz et ses acolytes. Le scandale a atteint son point culminant, après la publication du rapport de France-Libertés en septembre 2003. Cette fondation a mis fin à son aide à deux camps de séquestrés sahraouis, après s’être rendue compte de l’ampleur des détournements de l’aide humanitaire. «Depuis que les bailleurs de fonds se sont inquiétés de retrouver une partie de l’aide alimentaire sur des marchés de Mauritanie, du sud algérien et du nord du Mali, l’aide humanitaire serait vendue ou échangée après avoir été transférée dans des sacs», lit-on dans ce rapport qui fait office d’arbre qui révèle la forêt.
Car avant les sacs de farines et de sucre, il y a eu d’autres affaires. Celle des fameux spaghettis, rapportée en septembre 1992 par le journal algérien «El Watan». Depuis, ce journal s’est bien gardé de mentionner une quelconque affaire relative au détournement de denrées alimentaires par le polisario. Mais à l’époque, il avait baissé sa garde en signalant que «des pâtes alimentaires, expédiées par le gouvernement et le peuple italiens, sont écoulées sur les marchés d’Alger et même sur les trottoirs, à raison de 35 Dinars la livre. Sur l’emballage du produit, il est indiqué en italien et en arabe que ces spaghettis constituent un don du gouvernement et du peuple italiens aux réfugiés sahraouis». Qui est responsable du scandale du détournement de 750 tonnes de spaghettis destinées à Tindouf et vendues à Oran ? A l’époque, la justice algérienne avait trouvé un bouc émissaire : la Croix-Rouge algérienne. Sept personnes ont été écrouées et l’affaire a été étouffée.
Après les spaghettis, il y a eu l’affaire de la crèche du désert. La secrétaire générale de l’organisation «Enfants réfugiés du monde», Mireille Szatan, s’est rendue compte d’une arnaque grossière. Elle avait acheté, en 1992, du matériel de crèches, destiné aux enfants des camps de Tindouf. Elle avait chargé à ce sujet une organisation en Allemagne de l’acheminer vers les camps du Sud algérien. L’ex-directeur général de «l’Education nationale», Baia Mohamed Fadel Agay, au sein du soi-disant ministère de l’Enseignement du polisario ne l’entendait pas ainsi. Il a expliqué à Mireille Szatan que le polisario avait déjà acheté le matériel et qu’il attendait de l’organisation «Enfants réfugiés du monde» de lui donner l’argent pour débourser les frais engagés à cet effet. Mireille Szatan a demandé à voir la qualité du matériel acheté. Quelle a été sa surprise quand Baia Mohamed Fadel Agay lui a apporté les équipements qu’elle avait elle-même achetés et demandé à une organisation allemande de les transporter jusqu’à Tindouf. «Enfants réfugiés du monde» a cessé son aide au polisario, sans que le scandale ne soit relayé par la presse.
Il a fallu attendre 1998 pour que la presse internationale évoque pour la première fois les détournements de l’aide humanitaire par les chefs du polisario. Cet honneur est revenu au quotidien espagnol «ABC».
Il a publié dans son édition du 29 décembre 1998 une lettre ouverte du Danois Erik Nielson Revilla, un chercheur du département de Sociologie de l’Université de Aarhus (Danemark). Il y faisait part des malversations commises par l’ONG «Association des amis des enfants Sahraouis de Cordoue». 5,5 millions de pesetas ont été collectés pour aider des enfants sahraouis, supposés victimes de blessures de guerre et de poliomyélite. En se rendant aux camps de Tindouf, le Danois a découvert qu’aucun enfant séquestré ne souffrait des maux décrits par les polisariens. Où est passé l’argent ? Les chefs du polisario n’ont pas pu voiler la vérité plus longtemps après l’affaire des chamelles. Elle a été rapportée par un autre quotidien espagnol : El Pais dans son édition du 7 mars 1999. «Une aide humanitaire de 64 millions de pesetas, qui a été remise par la Croix-Rouge espagnole au polisario pour l’achat de 430 chamelles, a disparu sans laisser de traces», rapporte ce journal qui cite un vétérinaire chargé du suivi de ce programme. Mohamed Abdelaziz a demandé à ses sbires d’étouffer l’affaire en organisant une opération d’achat de leur propre troupeau. Mais en vain, puisque le bluff de leurs propres chamelles n’a fait qu’étayer les soupçons de malversations. Des soupçons qui n’ont malheureusement pas arrêté l’enrichissement de la bande à Mohamed Abdelaziz. Pendant ce temps-là, les populations qu’ils exploitent continuent de crever à petit feu en terre algérienne.

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