Pourquoi ils boycottent les élections

Pourquoi des formations politiques appellent-elles encore au boycott des élections ? Les règles du jeu ne sont-elles pas encore claires et transparentes? Pour quelles raisons le Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste et Annahj Addimokrati persévèrent-ils dans leur refus d’intégrer le jeu politique ?
Des questions que tout un chacun se pose à quelques jours des élections du 27 septembre. Les deux formations ont même organisé un meeting conjoint à Meknès pour appeler au boycott.
D’abord, une question préliminaire. Que pèsent les deux formations sur la scène politique ? leur prise de position influera-t-elle sur le cours des opérations ?
Ce n’est en fait pas là le principal enjeu de cette alliance entre le PADS, issu de l’USFP suite à la scission de 1983, et Annahj, version édulcorée de l’organisation marxiste léniniste des années soixante-dix et quatre-vingt, Ilal Amam. Il s’agit plutôt pour l’une ou l’autre de s’affirmer en tant que composante qui compte dans le champ politique de gauche… Si pour Annahj la position reste inflexible depuis toujours. À savoir le refus de prendre part au processus électoral, «octroyé» selon lui, en lequel il y voit un processus qui ne répond pas aux normes minimales d’équité et de transparence, la position du PADS, dont les cadres avaient pris part en tant que militants de l’USFP aux échéances électorales de 1976 et 1977, est sensiblement différente. Au point que l’on peut légitimement se demander si cette position est liée au divorce avec l’USFP plus qu’à une question de principe.
Aujourd’hui, les arguments avancés par les deux formations pour justifier leur appel au boycott tiennent beaucoup plus du politique que de l’idéologique. Ou, disons, plus du factuel que du stratégique. Il s’agit d’abord et avant tout de la réforme de la constitution.
Pour Annahj, tout comme pour le PADS, il ne peut y avoir d’élections libres et transparentes sans une constitution qui répartisse équitablement les prérogatives entre les divers pouvoirs. Il faut que l’Exécutif ait les coudées franches pour réaliser son programme. Il faut, dit-on aussi du côté des deux formations, régler le passif des violations des droits de l’Homme et punir les coupables pour que les citoyens n’aient plus peur d’aller voter ou de s’abstenir et surtout pour que les électeurs aient une certaine certitude que ceux qui doivent être poursuivis pour atteinte aux droits humains ne siègeront pas aux instances élues.
Et si ce boycott n’est que l’expression d’une faiblesse organisationnelle et d’implantation sur le terrain ?
Une chose est certaine aujourd’hui : les deux formations de la gauche radicale ont choisi de rester en marge du processus démocratique et surtout en marge de la transition. Sans vouloir rompre définitivement les ponts avec l’action en plein jour, elles continuent néanmoins à agir avec le même style du temps de la clandestinité. Leur message : les élections constituent un moment dans la lutte du peuple marocain pour la démocratie. L’essentiel est de rester présent pour faire avancer les choix démocratiques. Sauf qu’il y a un hic : comment faire avancer ces choix quand on ne prend pas part à leur réalisation ?

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