Premier bilan Ramed : 1,2 million de dossiers déposés, 160.000 acceptés

Premier bilan  Ramed : 1,2 million de dossiers  déposés, 160.000 acceptés

Près de 4 mois après son lancement officiel, où en est le Régime d’assistance médicale (Ramed) ? C’est à cette question que le ministre de la santé, Lhoussaine Louardi, a tenté de répondre en dressant un bilan du Ramed. Le ministre a ainsi déclaré, lundi 9 juillet, à la Chambre des représentants qu’au 22 juin, 159.974 demandes ont été acceptées sur un total de 1.200.000 dossiers déposés. Ce qui permettra à 462.634 personnes de bénéficier de l’accès aux soins prévus par ce Régime. Un chiffre qui peut paraître dérisoire par rapport à l’objectif global du Régime qui est d’atteindre 8,5 millions de bénéficiaires à l’horizon 2014. Mais du côté du ministère de la santé, on se veut plutôt optimiste. «C’est un bon début. Il ne faut pas oublier qu’une carte est valable pour toute la famille. Si on compte 5 personnes en moyenne dans chaque foyer, le nombre de bénéficiaires se chiffre alors à 800.000, ce qui représente le 1/10ème de l’objectif global. A ce rythme, nous devrions atteindre la moitié de la population bénéficiaire d’ici juin 2013», indique un responsable au ministère de la santé.
L’une des étapes importantes à la généralisation du Ramed a trait à la mise en place du matériel et des équipements médicaux nécessaires, de quantités suffisantes de médicaments pour satisfaire les besoins des bénéficiaires de ce Régime.
A ce sujet, M. Louardi a relevé que le manque de ressources humaines et matérielles constitue le principal obstacle à la mise en œuvre du Ramed. Mais il faut aussi noter que les instances ne jouent pas toujours leur rôle. «Le Ramed est une machine très lourde qui est difficile à gérer. Toutes les commissions du Régime ne sont pas fonctionnelles et certaines se réunissent sporadiquement», affirme la même source. Se pose également le problème des pièces à fournir en tenant compte de critères d’éligibilité qui sont très rigides (voir encadré p5). «Un grand nombre de dossiers est rejeté car les postulants ne disposent pas de toutes les pièces exigées tels que la CIN, le certificat de résidence ou une déclaration des revenus», poursuit-il. Par ailleurs, le ministre de la santé a souligné que 58.989 personnes ont accédé aux hôpitaux grâce à la carte Ramed tout en précisant que le taux d’inscription des ayants droit à l’Agence nationale d’assurance maladie (ANAM) s’est élevé à 9% au 26 juin dernier, dont 59% sont issus du milieu rural. Les prévisions de l’ANAM pour 2012 laissent prédire l’inscription de près de 1.590.975 personnes, ce qui permettra à 5.409.292 personnes d’avoir accès au palier de soins dans le cadre de ce Régime.
Rappelons que l’une des grandes nouveautés du Ramed est sans conteste sa généralisation à toutes les communes. Auparavant, parmi les critères d’éligibilité pour bénéficier de ce Régime, il fallait habiter dans une commune où le taux de pauvreté est supérieur à 30%.

Des critères d’éligibilité très stricts
Pour bénéficier du Ramed, les postulants doivent remplir plusieurs conditions. Ils ne doivent être affiliés à aucun régime d’assurance maladie obligatoire de base ou de tout autre couverture médicale, soit en qualité d’assurés, soit en qualité d’ayants droit. Ils doivent justifier de la prise en charge permanente des personnes autres que celle de leurs enfants et ne pas disposer de ressources suffisantes pour faire face aux dépenses de santé.
En matière de revenu, la loi est très claire. Dans les villes, les personnes ayant un revenu inférieur à 3.767 dirhams par an sont considérées en situation de pauvreté absolue. Celles dont le revenu annuel est inférieur à 5.650 dirhams seront déclarées en situation de vulnérabilité. Ainsi, pour un ménage composé de 5 personnes, pour pouvoir être éligible il doit justifier d’un revenu mensuel inférieur à 2.300 DH, soit moins de 460 DH par personne. D’autres critères socio-économiques sont pris en considération. Ceux-ci diffèrent entre le milieu urbain et rural. Dans les villes, le mode de calcul prend en compte les conditions d’habitat et d’hygiène (adduction en eau, électricité, équipements sanitaires et mode d’évacuation des eaux usées…), le nombre de personnes par pièce au sein du foyer,  l’accès au téléphone fixe et mobile, les moyens de transport. En milieu rural, les conditions d’éligibilité sont définies autrement. Les variables liées au calcul des indices patrimonial et socio-économique prennent en compte les terrains agricoles exploités, le cheptel, le poulailler, le matériel agricole et de transport, l’équipement téléphonique et sanitaire, les moyens de transport du personnel.

Chirurgie esthétique et visite médicale pour permis de conduire exclues du panier des soins couverts
Le  Ramed  couvre les soins préventifs (vaccination, suivi de la grossesse, santé maternelle et infantile…), les consultations de médecine générale dans les centres de santé,  les consultations spécialisées médicales et chirurgicales dans les centres de diagnostic et les hôpitaux publics ainsi que  les consultations médicales d’urgence. Sont également pris en charge par le Ramed, l’hospitalisation médicale et chirurgicale (y compris l’hospitalisation pour accouchement dans les hôpitaux publics et les maisons d’accouchement), les analyses, les examens de radiologie, les explorations fonctionnelles (endoscopie digestive, respiratoire, explorations cardiaques, neurologiques…). Parmi les autres prestations figurent les médicaments et produits pharmaceutiques administrés pendant le séjour hospitalier y compris les médicaments prescrits pour le traitement des maladies de longue durée, poches de sang et ses dérivés, dispositifs médicaux, articles de prothèse et d’orthèse, lunetterie, soins bucco-dentaires, orthodontie pour les enfants, rééducation et kinésithérapie. Sont exclus du Ramed les interventions de chirurgie plastique et esthétique ainsi que la visité médicale et les examens de biologie et de radiologie s’y rapportant pour l’obtention du permis de conduire.

Un budget de 3 milliards DH en 2012
Le budget  alloué au Ramed en 2012 se chiffre à 3 milliards DH dont 2,3 dédiés à l’achat de médicaments dans les hôpitaux. Concernant le financement de ce régime, il faut noter que l’Etat prend  en charge 75% des frais. 6% sont assurés par les collectivités territoriales (40 DH par an pour chaque carte Ramed délivrée) et 19% représentant la cotisation annuelle de 120 DH versée par les personnes en situation de vulnérabilité. Pour la concrétisation de ce régime, l’Etat a mis  à la disposition des bénéficiaires 2.581 établissements de soins de santé de base, dont 2.030 centres de santé et 11 hôpitaux provinciaux et préfectoraux, 12 hôpitaux régionaux et 19 centres hospitaliers universitaires.

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