Près de 500 bébés-éprouvette naissent chaque année au Maroc

Près de 500 bébés-éprouvette naissent chaque année au Maroc

La stérilité est un problème de santé publique qui continue d’être un sujet tabou dans notre société. Et pourtant, un couple sur sept au Maroc souffre de cette pathologie. Selon l’Association des gynécologues privés (AGP), ces statistiques sont loin de la réalité dans la mesure où un grand nombre de couples n’ont pas accès aux soins. Pour faire le point sur cette pathologie, l’AGP a tenu le lundi 8 mars à Casablanca une table ronde sur le thème «Le parcours d’un couple stérile au Maroc».
Cette rencontre a également été l’occasion de présenter un mémorandum sur la stérilité du couple rédigé par l’AGP et les sociétés savantes de gynécologie et fertilité. Ce document qui dénonce l’injustice dont font l’objet les couples stériles a été adressé au ministère de la Santé, du Développement social de la Famille et de la Solidarité, à la Société marocaine des sciences médicales, au secrétariat général du gouvernement, et au Conseil national de l’Ordre des médecins. Ce collectif appelle à une reconnaissance de la stérilité comme une pathologie à part entière et au remboursement de l’ensemble des actes diagnostiqués et thérapeutiques se rapportant à la stérilité.
Faute de moyens et de connaissances sur les moyens thérapeutiques existants, bon nombre de couple infertile ont recours «aux marabouts, «matrones – guérisseuses» qui introduisent dans l’intimité des femmes des plantes et des substances supposées thérapeutiques (bouts de laine imbibés de sperme)», indique le mémorandum alors que les risques infectieux sont énormes et peuvent enlever toute chance de guérison. Les causes de la stérilité les plus fréquentes sont soit infectieuses, responsables d’obstruction des trompes chez la femme, et d’obstruction des canaux spermatiques chez l’homme soit hormonales aussi bien chez le sexe féminin que masculin. Il existe des situations exceptionnelles: absence totale de spermatozoïdes et de spermatocytes chez l’homme et d’ovaires ou d’utérus chez la femme. Les risques de stérilité augmentent avec l’âge. «Selon une étude rétrospective que nous avons réalisée auprès de 430 couples infertiles, nous avons constaté qu’une femme sur dix est stérile à 35 ans, 1 sur 3 à 40 ans et 9 sur 10 à 44 ans», affirme Dr Fatima-Zahra Niane, gynécologue à Casablanca. Et de poursuivre: «Au Maroc, la stérilité touche davantage les femmes que les hommes à savoir 49% contre 24 %». Les techniques de procréation médicalement assistée offrent de nouveaux espoirs pour ces couples. Ainsi, il existe actuellement au Maroc, 20 centres d’aide médicale à la procréation (PMA). La PMA permet de corriger ces anomalies à travers des traitements médicamenteux, avec monitorage des ovulations, insémination avec sperme du conjoint, fécondation in vitro (FIV). Au Maroc, le nombre de tentatives de FIV est de 2.000 à 2.500 par an. Des chiffres très faibles par comparaison à la Tunisie (6000 à 7.000) et la France (46.000). «Le taux de réussite d’une FIV est de 20 à 25%», note Dr Touria Skalli- Alaoui, présidente de l’AGP.A. Selon ces taux, il y aurait près de 500 bébés-éprouvette qui naissent chaque année au Maroc. «Cela dit, faute de registre, il est impossible d’avoir des statistiques à ce sujet», poursuit-elle. à noter qu’une tentative de FIV au Maroc coûte entre 25.000 et 30.000 dirhams sachant qu’il faut plusieurs tentatives avant d’obtenir un succès. Mais l’absence de prise en charge des traitements de cette affection par les assurances (AMO, CNOPS et Compagnies d’assurances privées) continue de constituer un obstacle majeur.

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