Présidentielle française : Sarkozy et Royal lancent la bataille finale

Lors d’un premier tour dimanche marqué par une très forte participation, les Français ont massivement opté pour un choc classique droite-gauche le 6 mai. Ce vote tournera la page des 12 années de présidence de Jacques Chirac et marquera l’avènement d’une nouvelle génération politique dans un pays avide de changement.

Le candidat de droite a obtenu dimanche 31,18% des voix, selon les résultats définitifs, plusieurs points devant son adversaire socialiste (25,87%) qui reste néanmoins la première femme susceptible d’accéder à la présidence en France.

Le centriste François Bayrou a recueilli 18,57% des voix et se retrouve ainsi en position d’arbitre. Il n’a donné dimanche aucune consigne pour le second tour, mais chaque camp s’est immédiatement lancé à l’assaut de ses électeurs.

Le leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, 78 ans, qui avait créé la sensation en se qualifiant pour le second tour il y a cinq ans, a subi un revers pour son dernier combat présidentiel, avec 10,44%.
Les deux finalistes sont repartis à la bataille sans tarder, chacun reprenant dès lundi la ronde des meetings, Nicolas Sarkozy à Dijon (centre-est) et Ségolène Royal à Valence (sud-est). Leur affrontement culminera avec un débat télévisé le 2 mai.

Nicolas Sarkozy a été reçu lundi matin au palais de l’Elysée par le président Chirac, qui lui a apporté son "soutien" et ses "encouragements" pour le 6 mai après avoir appuyé sans enthousiasme sa candidature avant le 1er tour.
Droite et gauche ont immédiatement multiplié les appels du pied en direction des centristes.

Le ministre Jean-Louis Borloo, ex-membre de l’UDF de M. Bayrou rallié à M.
Sarkozy, a jugé "indispensable" que les centristes "soient massivement au gouvernement" en cas de victoire de la droite.

Le chef du Parti socialiste François Hollande a appelé les militants à "convaincre" les centristes de se rallier à Ségolène Royal car "beaucoup d’électeurs qui se sont prononcés pour François Bayrou voulaient battre Nicolas Sarkozy".

Les premiers sondages publiés après le 1er tour donnent M. Sarkozy assez largement vainqueur, avec 52% à 54% des voix. Mais tous les analystes soulignent que les jeux ne sont pas faits.

Dès dimanche soir, M. Sarkozy, 52 ans, a assuré vouloir "rassembler le peuple français" et le "protéger". Il a souhaité "un débat de fond entre deux projets de société".
Il semble avoir profité à plein de sa stratégie visant à aborder avant le 1er tour les thèmes de M. Le Pen sur l’immigration ou l’identité nationale, mais doit désormais recentrer son image.

Se présentant comme l’homme de la "rupture", M. Sarkozy propose un vaste programme de réformes libérales alors que son adversaire a insisté sur sa volonté d’incarner un renouveau "en douceur" .
Pour Ségolène Royal, 53 ans, "une nouvelle campagne s’ouvre". Sa stratégie sera de fédérer un front "tout sauf Sarkozy" en insistant sans doute sur la personnalité controversée de son adversaire.

La socialiste a bénéficié d’appels immédiats en sa faveur des petits candidats de gauche éliminés dimanche (environ 11% des voix au total).

Pour la presse, le vote massif de dimanche a marqué la "réconciliation des Français avec la politique" après le séisme de 2002.
"Les compteurs sont remis à zéro", jugeait Le Figaro (droite), selon lequel "la bataille sera difficile" pour Nicolas Sarkozy même s’il a "les plus belles cartes en mains".

"Une droite franche affrontera au second tour une gauche qui doit faire le pari du renouveau", estimait Libération (gauche).
"C’est ouvert", titrait en Une le journal populaire Le Parisien.

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