Presse : l’institution monarchique nouvelle cible des Nihilistes

L’Institution royale est, depuis quelque temps, l’un des sujets les plus traités par certains médias nationaux. Dans les kiosques, les Unes des hebdomadaires affichant la photo de Sa majesté le Roi Mohammed VI avec des titres « accrocheurs » sont les mieux exposées. Elles bénéficient d’un traitement particulier de la part des distributeurs et des vendeurs.
Ce phénomène s’est tellement développé que de plus en plus de journaux et de revues sont tentés par le sujet et cherchent à avoir leur place parmi ceux qui ont fait de SM le Roi leur principal sujet de Une. Cela a créé une certaine compétition entre ces différents titres cherchant chacun à « faire mieux ». Aussi, assiste-t-on à une surenchère médiatique ayant pour objectif d’aller à chaque fois plus loin dans le traitement de toutes les questions relatives à la Royauté.
Cette course au traitement des questions relatives à l’Institution royale a poussé certains organes de presse à aller jusqu’à violer non seulement les règles déontologiques de la profession mais aussi les textes de loi en vigueur, dont la Constitution du Royaume. En effet, le texte fondateur de l’Etat marocain stipule, dans son article 23, que « la personne du Roi est inviolable et sacrée ». Une règle que les constitutionnalistes expliquent tout simplement par le fait que le Souverain, dans le régime monarchique, incarne la représentation suprême de la nation et garantit sa pérennité. L’article 19 de la charte suprême de la nation stipule : « Le Roi, Amir Al Mouminine, Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat, veille au respect de l’Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités. Il garantit l’indépendance de la Nation et l’intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques ». Ce rôle qui consiste à unir les Marocains, à protéger leurs libertés et leurs droits et à préserver l’intégrité du territoire national confère à son titulaire l’inviolabilité de sa personne et de l’institution qu’il représente, étant donné qu’elle est le symbole de la nation et que lui porter atteinte revient à porter atteinte à la nation tout entière.
Cette sacralité, on la retrouve dans la majorité des textes constitutionnelles des monarchies démocratiques. Ainsi, en Espagne, un pays qui a vécu une transition démocratique des plus importantes de l’Histoire, la Constitution stipule dans son article 56 alinéa 3 : « La personne du Roi est inviolable et n’est pas soumise à responsabilité ». Une inviolabilité qui s’explique pour la même raison que celle existant dans le texte marocain. Ainsi, la Constitution espagnole précise, dans le même article alinéa 1, que « le Roi est le chef de l’Etat, symbole de son unité et de sa permanence. Il est l’arbitre et le modérateur du fonctionnement régulier des institutions, il assume la plus haute représentation de l’Etat espagnol dans les relations internationales, tout particulièrement avec les nations de sa communauté historique, et il exerce les fonctions que lui attribuent expressément la Constitution et les lois ».
La personne du Roi et de l’Institution qu’il représente est donc l’un des fondements constitutionnels des régimes monarchiques démocratiques. Ainsi, en Espagne, le Roi bénéficie d’un respect qui va au-delà des formules protocolaires et des traditions folkloriques comme l’on a tendance à le croire chez ceux qui ne connaissent pas vraiment la pratique politique en Espagne.
Le Roi d’Espagne SM Juan Carlospremier, est respecté même par les détracteurs de la monarchie qui vont des leaders des mouvements indépendantistes de certaines régions comme la Catalogne ou le Pays Basque, à des partis républicains comme ERC ou la Gauche unifiée.
Estimant que les principes de l’Etat de droit ne peuvent coexister avec la violation de la loi, indépendantistes et républicains se sont toujours conformés aux règles juridiques imposant à tous les Espagnols le respect de la personne et de l’institution que représente le Roi. Certes, ils militent pour le changement, mais ils le font dans le cadre du respect des textes en vigueur.
Ce respect, on le retrouve dans la presse où le respect dû au Roi ne figure même pas sur les chartes déontologiques des différents journaux espagnols qui estiment que la Constitution est un texte qui se situe au-dessus de toutes les lois et qu’il est donc supérieur aux règlements intérieurs. Outre cet aspect juridique, le milieu journalistique s’est lui-même organisé pour se doter de règles déontologiques pour éviter tout dérapage. Il y a quelques années, au lendemain de la publication par un magazine italien de certaines photos portant atteinte au droit à l’intimité de la famille royale espagnole, les patrons de presse espagnols, craignant qu’il y ait un quelconque dérapage, s’étaient réunis en urgence et s’étaient mis d’accord pour ne pas les reproduire dans la presse espagnole.
Ainsi, la sacralité de la personne du Roi et de l’Institution royale n’est pas une exception marocaine. Elle est une règle forgée par les Constitutions les plus démocratiques du monde. Et elle est respectée par la presse de ces pays qui la consacre dans ses chartes internes et en fait une règle déontologique inviolable.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *