Priorité à l’unité nationale

Priorité à l’unité nationale

ALM : Quelles sont les raisons de la démarche entreprise par ce groupe de partis politiques en réagissant au nouveau plan Baker ?
Mohamed Benhammou : D’abord il y avait le discours de SM le Roi qui exprimait la ferme volonté royale vers l’instauration du concept de la régionalisation et qui sous-entend l’implication de toutes les composantes de la société civile dans la marche du processus démocratique. Puis il y a eu la proposition de James Baker dans sa nouvelle version qui est très nuisible à notre intégrité territoriale. Donc, dans une approche d’expliquer notre refus de la situation imposée par nos voisins, il y a eu cet appel sous forme d’une diplomatie partisane en élaborant une stratégie commune. Notre position est claire, il ne peut y avoir d’autre solution autre que politique qui préserve notre unité nationale, notre souveraineté et garantit la paix et la sécurité dans la région du Maghreb. La priorité est donnée à l’unité nationale sur l’ensemble du territoire marocain. Le cadre est celui de la régionalisation qui permettrait à nos provinces du Sud de bénéficier d’un statut qui s’inscrit dans une stratégie nationale globale tendant vers un développement harmonieux.
On constate que cette initiative n’émane pas de l’ensemble des partis politiques marocains. Pourquoi ?
En principe, tous les partis ont été invités à prendre part à cette démarche. La question est d’une importante vitalité et il est évident qu’elle aurait dû toucher l’ensemble des formations politiques. Mais certains n’ont jamais répondu, ni par un oui, ni par un non. Nous avons essayé une seconde fois, sans aucun résultat. Le silence total. Mais je pense que cette attitude relève d’un certain égocentrisme politique. Puisque l’initiative ne vient pas de ces partis, ils la considèrent automatiquement comme «non-avenue» et par conséquent, ils l’ignorent. Il y en a même qui ont fait semblant d’accepter l’idée et nous ont déclaré leur solidarité, mais après on ne les a plus entendus. Silence radio.
Qu’avez-vous fait depuis ?
On s’était mis d’accord pour tenir une conférence de presse à Rabat pour démontrer notre position du nouveau plan Baker et d’expliquer pourquoi nous le refusons. C’est un plan qui s’avère préjudiciable à notre intégrité territoriale. Les ennemis de cette intégrité, à savoir les Algériens, ont réussi en le rejetant, à faire changer le plan Baker. On a formé trois groupes dont chacun fut chargé de contacter cinq ambassades. Nous avons ciblé les pays membres permanents actuellement, ceux sortant , et enfin ceux qui allaient prendre la relève. Nous avons décidé d’organiser un meeting à Laâyoune, et nous nous sommes arrangés pour que la date de ce meeting coïncide avec une date très significative. Celle du départ du dernier soldat espagnol de nos territoires du Sud. Malheureusement, la ville d’Al Hoceïma a été frappée par ce tremblement de terre et donc nous avons préféré asseoir le voyage à une date ultérieure tout en nous mobilisant pour acheminer de l’aide aux sinistrés par le biais d’une petite délégation représentant l’ensemble des partis concernés. Ceci étant, je tiens à préciser que le seul lien commun entre ces partis est l’intégrité territoriale.

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