Quand un rapport d’audit change un destin

La notoriété internationale, c’est bien l’élément marketing avancé en priorité par les principaux cabinets d’audits internationaux, lors des soumissionnements.
Certes, elle est véritable mais bâtie sur une expérience occidentale, et c’est à ce niveau que le bât blesse. Les « petits jeunes » sortis frais émoulus des instituts d’études supérieures, se sont généralement forgés au contact des comptes des entreprises où le contexte extérieur est en connivence avec les structures internes des sociétés auditées. Alors quand ils ont affaire à des établissements publics dont les circonstances d’existence et d’évolution sont aux antipodes avec celles des structures étrangères, des nuances s’imposent. Par ailleurs, sur le plan international, le 31 janvier 2002, le site boursier.com titre « KPMG s’insurge contre les pratiques comptables ». Le PDG, Stephen Butler appelle à « une discipline collective qui restaurer la confiance », en commentant les mésaventures de son concurrent Arthur Anderson, par rapport de l’affaire Enron.
Ainsi, le malaise est bel et bien présent. Et il n’est que la résultante d’une politique maison des cabinets-mères. Aussi, à la lecture des commentaires de la Banque Mondiale en réaction aux conclusions émises par les experts de KPMG, ils sont significatifs à plus d’un titre. Rappelons, que le rapport de KPMG relatif à l’audit de la CNCA, daté du mois d’octobre 1995, dont l’ensemble des prestations s’élève à près de 200 millions de DHS, a été l’un des principaux documents sur lequel l’accusation, en l’occurrence le ministère public a élaboré ses motifs d’inculpations. Une institution comme celle de la CNCA, c’est d’abord un pilier financier clé, pour un pays qui, longtemps a fait du secteur agricole, une priorité déterminante dans son développement économique. Une autre remarque et non des moindres, rédigée par l’organisme financier international : « le rapport de KPMG d’octobre 1995 a oublié d’intégrer l’impact de la sécheresse dans ses analyses de portefeuille et des causes de non-recouvrement des crédits agricoles ». Plutôt surprenant pour des travaux réalisés dans un pays où les effets des périodes de sécheresse continuent à se répercuter sur les différents maillons de l’économie.
D’autant que le même document de la Banque Mondiale relève que : « l’équipe des auditeurs qui a intervenu sur la CNCA –une équipe jeune et mal expérimentée– a sérieusement manqué d’informations sur le contexte marocain et sur la CNCA pour conduire ses travaux ». Autre fait. La Banque Mondiale apporte une précision et admet comme le souligne le rapport de KPMG, le constat de «sous-provisionnement».
Toutefois, «ces analyses sont faites hors contexte marocain et sont peut-être trop inutilement accusatrices », précise-t-elle. Et elle ajoute : «qu’on ne fait pas de procès d’intention dans un rapport d’audit indépendant». Pour couronner le tout, les résultats relevés par la Banque Mondiale, dénotent une certaine précipitation dans les jugements « hâtifs et manquant d’objectivité et d’impartialité sur plusieurs points ».

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