Quel avenir pour Royal Air Maroc ?

Air Atlas, puis Royal Air Maroc qui vient de créer une filliale charter Atlas Blue, nom choisi pour la nouvelle compagnie charter qui devrait être opérationnelle en septembre prochain. Plus d’un demi-siècle d’Histoire de cette compagnie d’aviation, avec, comme le veut la nature même de l’activité, des hauts et des bas.
Une histoire qui remonte à 1947, année durant laquelle la Société Air Atlas a vu le jour desservant essentiellement l’Algérie, l’Espagne et la France. En 1953, l’Etat y détenait déjà près de 34 % du capital. Mais ce n’est que le 28 juin 1957 que la Royal Air Maroc, compagnie nationale dont le capital est détenu à hauteur de 67,73% par l’Etat a été créée. Elle comptait à l’époque 443 agents pour une flotte composée de trois avions. Une année plus tard, elle a commencé à former ses propres cadres. Durant les années soixante, de nouvelles dessertes ont été créées : Dakar, Genève et Francfort pour ne citer que celles-ci. Elle a même commencé à étendre ses activités vers d’autres domaines, le tourisme notamment avec la création de sa filiale hôtelière SOTORAM. Une décennie plus tard, la compagnie s’est mise à développer ses destinations. New York, Montréal, Koweït, Rio Janeiro, Sao Paulo, Beyrouth, Jeddah… faisaient désormais partie de ses dessertes. Certaines de ces destinations, les sud-américaines par exemple, vont être supprimées durant les années quatre-vingt-dix pour laisser la place à une plus large couverture du contient européen et nord-américain.
Les événements du 11 septembre et l’atmosphère morose qui s’en est suivie dans les milieux des compagnies d’aviation internationale n’a pas manqué de toucher de plein fouet la Royal Air Maroc. Psychose suivant ces attentats oblige, les passagers se sont faits de plus en plus rares. De grands noms de l’aviation mondiale ont vu leur chiffre d’affaires s’écrouler. Certaines compagnies n’ont pas pu résister au choc. L’exemple de la compagnie Swissair est une des illustrations les plus remarquables . Du côté des compagnies charters, l’après-11 septembre a carrément fait office d’hécatombe. Malgré une baisse de son chiffre d’affaires, la RAM a pourtant tenu bon. Mais cette nouvelle conjoncture a poussé ses responsables à revoir leur stratégie de développement. Il était évident que le concept actuel de la compagnie d’aviation n’avait pas d’avenir puisqu’un gros problème se posait avec de plus en plus d’acuité: la faible compétitivité de la compagnie marocaine dont les prix demeurent très élevés.
Ce reproche, tout le monde ou presque le formulait à l’encontre de la société qui jouissait d’un quasi-monopole dans le Royaume, deux expériences de petites compagnies charters, Mondair et Air Atlas en l’occurrence, n’ayant pas abouti. La réponse de la Royal Air Maroc a pour nom Atlas Blue, une compagnie charter dont la création a été d’abord annoncée pour juin 2004 avant d’être repoussée au mois de septembre de la même année. Dépendant à 100 % de la compagnie nationale au début, cette Société anonyme sera dotée d’un directoire et d’un conseil de surveillance présidé par le P-DG de cette dernière. Atlas Bleu sera basée à Marrakech et fonctionnera sous le modèle des low cost, soit près de 30 % du prix initial proposé par la RAM. Elle fera des liaisons point à point entre aéroports de province, nationaux et européens, sans transiter par l’aéroport Mohammed V. Une politique qui devrait lui assurer des charges aéroportuaires moins élevées que celles supportées par les vols réguliers de la RAM.
La nouvelle société démarrera avec un premier capital de 10 millions de dirhams et profitera directement de la flotte de la RAM qu’elle exploitera en location. De même, ce sont les pilotes de la compagnie nationale qui devraient, en début d’activité, assurer les liaisons.

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