Quel dispositif pour protéger les enfants de l’Etat ?

Quel dispositif a été mis en place pour protéger les enfants des orphelinats au Maroc? Peut-on parler d’une stratégie élaborée dans ce sens? Et bien non. Pourtant, le Maroc a signé en 1992 la Déclaration mondiale en faveur de la survie, de la protection et du développement de l’enfant. En 1993, il a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant. Dans ce cadre, le pays a élaboré, en 1992, un plan d’action nationale pour la mise en oeuvre des conventions mondiales relatives aux enfants en définissant un certain nombre d’objectifs et de stratégies à moyen et long termes. Ainsi, au niveau institutionnel, on relève la création du Congrès national du droit de l’enfant qui se réunit annuellement. Il a comme mission principale l’évaluation des progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la Déclaration, d’examiner l’impact des stratégies adoptées et d’identifier les actions nécessitant une mobilisation plus accrue. Un observatoire de suivi de la mise en oeuvre de la Convention en tant qu’organe exécutif du Congrès a également été mis en place. Les enfants sans protection familiale connaissent des conditions de vie particulièrement difficiles. Les enfants privés de famille ne bénéficient d’aucune protection légale. La plus part des orphelins sont délaissés ; les orphelinats sont bien en deçà des besoins et ceux qui existent sont très mal gérés. Est-il besoin toutefois de souligner que la promotion des droits de l’enfant implique que le gouvernement marocain se décide à introduire les réformes juridiques nécessaires et à traduire dans les actes les droits fondamentaux de l’enfant? A commencer par le droit à avoir un toit, jouir d’une bonne santé, d’une scolarisation convenable et d’une formation professionnelle à même de le préparer à l’avenir. Mais le gouvernement, en l’absence d’une politique clairement définie, avec les mesures de contrôle et de suivi qui garantissent la bonne exécution de cette politique, ne semble pour l’instant pas être en mesure de défendre cette partie négligée de la société. Ceux que l’on appelle «Les enfants de l’Etat», vivent en attendant dans un véritable no man’s land, où la violence physique comme morale est de mise, où actes de viol et d’agression sont leur le lot quotidien d’une bonne partie d’entre eux. Le laisser-faire est quasi général. La prise de conscience n’est pas pour demain. Le calvaire continue.

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