Qu’est-ce qu’un Caïd ?

Pendant longtemps, le terme de «caïd» avait une connotation plus ou moins négative. Les gens avaient -souvent à tort – tendance à associer à cette notion celle de «vieux potentat», gras et inculte. Des clichés hérités depuis la période du protectorat et qui ont perduré. Depuis quelque temps, cette notion et cette image dévalorisée sont démenties par ces nouvelles générations de caïds sortis de l’Ecole de perfectionnement des cadres du ministère de l’Intérieur, à laquelle ces licenciés ont accédé après un concours très sélectif. Durant trois années, les futurs agents d’autorités suivent un cursus chargé qui leur permettra de faire face à leurs futures responsabilités. Parallèlement à cet enseignement, les étudiants suivent une formation militaire qui leur vaut le grade de sous-lieutenant de réserve au sein des Forces Armées Royales. Le caïd d’aujourd’hui est un monsieur élégant, à l’allure sportive et qui a au moins «Bac + 7 ». On ne pourra donc plus arguer que ce n’est pas quelqu’un d’instruit. Et c’est donc à partir de ce postulat que l’on peut placer la fonction de caïd dans le contexte du nouveau concept de l’autorité. L’agent d’autorité a pour rôle d’appliquer la politique du gouvernement et de signaler par l’intermédiaire de l’hiérarchie, toutes les anomalies, dysfonctionnements, manques constatés sur son territoire et préconiser les redressements souhaités. En milieu urbain, le Caïd est un pôle vers lequel convergent la plupart des démarches. Il traite lui-même la plupart des requêtes. Et lorsqu’il transmet les doléances à la municipalité ou à une régie, il suit l’évolution du dossier. Ce qui tendrait à confirmer le dynamisme de cette fonction et à expliquer les sollicitations dont elle est l’objet de la part de la population. Même pour des questions qui relèvent de la municipalité, comme l’assainissement et les bornes de fontaines, la population continue à s’adresser au Caïd plutôt qu’à la municipalité. Il doit assurer les missions d’encadrement de toutes les activités politiques, économiques, sociales et culturelles sur son territoire. Cet agent d’autorité devient un élément déterminant dans la pyramide du binôme démocratie /développement. Sa formation, sa pérennité et la capitalisation des expériences par rapport aux élus et leurs courts mandats, font de lui un précieux acquis dans la construction d’un Etat de droit moderne.

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