Qui finance le terrorisme ?

Suite aux attentats anti-américains du 11 septembre 2001 imputés à la nébuleuse Ben Laden, on a beaucoup spéculé sur la fortune du milliardaire saoudien, équivalente – selon certains – à sa capacité de nuisance. La caisse personnelle d’Oussama Ben Laden a été estimée à 300 millions de dollars soigneusement répartis entre des banques islamiques étatiques et des sociétés privées.
De là, à dire que la richesse du chef d’Al-Qaïda lui a permis de financer seul son réseau et le djihad en général… L’idée a depuis longtemps été écartée. Les fonds utilisés par les terroristes ont des origines multiples. Il y a tout d’abord les collectes de dons – une part importante – effectuées par des individus, des institutions financières ou des associations civiques et confessionnelles.
La plupart des groupes ont aussi depuis toujours mêlé leurs activités illicites à des entreprises commerciales tout à fait ordinaires. Celles-ci leur permettent d’obtenir des gains tout en cachant leur trésorerie derrière une activité légale et lucrative. Le terrorisme international est également financé par certains partis politiques et même des régimes. Washington a d’ailleurs établi sa propre liste d’«Etats voyous» dans laquelle il cite la Corée du Nord, Cuba, l’Iran, l’Irak (d’avant-guerre), la Libye, le Soudan ou encore la Syrie… Enfin, dans une moindre mesure, les terroristes ont aussi recours à des activités criminelles – tels que le vol, la rançon, le trafic de stupéfiants, l’extorsion, les faux documents, la contrefaçon de devises et de marchandises, ou encore la contrebande – pour se procurer de l’argent.
Quelle est donc la force financière du terrorisme international ? Contrairement aux réseaux de blanchiment d’argent, les transactions bancaires des terroristes sont plus modestes, ce qui leur a longtemps permis de passer inaperçus aux yeux des organismes de contrôle. Ces mouvements font aussi circuler leur argent en liquide, par le biais de « messagers » sans laisser de trace. Là, les transactions sont clandestines donc incontrôlables. Les observateurs font par ailleurs remarquer que l’activité terroriste en elle-même est particulièrement rentable, ce qui explique peut-être en partie pourquoi les attentats se sont poursuivis malgré les mesures financières prises au lendemain du 11 septembre 2001. Des attaques qui auraient en tout et pour tout nécessité un « budget » de 500.000 dollars !
Autant dire que les mesures prises par les Occidentaux au lendemain du 11 septembre sur le blocage et le gel des avoirs et la lutte contre le blanchiment d’argent, ne sont pas efficaces à 100 %. Certes, jusque-là, plus de 130 millions de dollars appartenant ou destinés à des terroristes ont été bloqués par 112 pays à travers le monde. Plus de 260 organismes en tout genre ont aussi été identifiés comme « financiers » du terrorisme et ont été exclus du système. L’opacité du financement du terrorisme international lui a tout de même permis – et lui permet encore – de développer des ramifications partout dans le monde, notamment en Europe, et de rallier  ou de soutenir des mouvements nationaux comme on le soupçonne en Algérie avec le GSPC ou le GIA. Un terrorisme sans frontières qui a pris des allures de multinationale aux filiales aussi diverses qu’obscures.

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