Qui peut sauver Al Hoceima?

Qui peut sauver Al Hoceima?

Même si l’Istiqlal est arrivé en tête du classement des élus dans toute la province d’Al Hoceima, dans la ville seulement, le parti d’Abbas El Fassi n’a obtenu aucun élu. Même chose pour le RNI. Le président du conseil communal d’Al Hoceima sera élu demain, vendredi 19 septembre dans l’après-midi. Les tractations vont bon train dès l’annonce des résultats des élections communales du 12 septembre. A Al Hoceima, les autorités sont sur le qui-vive. Et pour cause, toute la ville ne parle que de l’arrestation du président sortant de la commune de Nador, la ville voisine. Motif de cette arrestation: séquestration de quatorze conseillers à quelques jours des élections du président. Cette pratique très répandue au Maroc, après chaque élection locale, permet à un candidat de s’assurer les voix de sa majorité et partant éviter une surenchère de la part de ces concurrents. A Al Hoceima, les trente et un conseillers que compte le conseil communal ont reçu officiellement la convocation de la part du wali pour se réunir vendredi à 16 heures. Le wali a donc senti que les négociations sont pratiquement terminées. Au total, douze partis politiques siègent au sein du conseil. Deux candidats se sont lancés dans la course à la présidence de la municipalité. Ainsi, le PPS est représenté par le Dr. Mohamed Boudra, radiologue à Al Hoceima. Boudra a déjà occupé le poste de conseiller communal, mais c’est la première fois qu’il brigue celui de président. Le PPS a réussi à décrocher six sièges dans le Conseil, en égalité avec le PND. Ce dernier a également un candidat pour la présidence du conseil communal d’Al Hoceima. Il s’agit de M’hand Bencheikh, ancien vice-président du conseil communal sortant et fonctionnaire du ministère de la Santé. Bencheikh s’est assuré le soutien de plusieurs élus. C’est le cas notamment du président sortant, Oukhiar. Celui-ci s’est présenté sous la couleur du MDS de Mahmoud Archane. Mais il n’a obtenu que trois sièges. Maintenant, il soutient Bencheikh. Face à ce bloc, un autre s’est soudé autour de Mohamed Boudra. Ainsi, le candidat PPS, assure qu’il a « réussi à rallier pratiquement toutes les formations ». Et d’ajouter que « le total des voix », dont il dispose jusqu’à présent, « a atteint les vingt, dont une majorité de jeunes qui exercent pour la première fois en politique ». Parmi les soutiens de Boudra, il y a notamment l’élu de l’USFP au conseil communal, trois du Parti Marocain Libéral et deux d’AL Ahd. Par ailleurs, le Parti du Centre Social (PCS) occupe deux sièges et le FFD de Thami Khayari s’est adjugé trois sièges. En fin, l’Union Démocratique (UD) de Bouâzza Ikken et l’Union Constitutionnelle (UC) en comptent deux chacun. Al Hoceima est une municipalité où énormément de chantiers seront lancés par les autorités publiques. La visite de SM Mohammed VI il y a quelques jours le prouve bien. Al Hoceima est un cas d’école de « la mauvaise gestion locale ». L’un de ses principaux problèmes est sans doute l’habitat insalubre, encouragé par certains élus communaux sous l’oeil quasi-complice des autorités locales. Le futur président devra également résoudre le problème de l’hygiène dans la ville. Le ramassage des ordures, ainsi que l’assainissement liquide s’inscrivent parmi les priorités. Face à cela, la vocation touristique d’Al Hoceima est en danger réel. Le manque d’infrastructures routières et d’accueil, malgré l’immense potentiel naturel dont dispose la ville, sont également à inscrire dans le tableau des priorités. Malgré un bilan plus que négatif des anciens conseils communaux, la société civile demeure le seul véritable acteur local. La collaboration entre la municipalité et les ONG ne pourrait être que profitable à la ville. En somme, la mission du futur président du conseil communal est de sauver Al Hoceima d’une crise cardiaque inéluctable.

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