Qui va payer ?

Au ministère des finances, en particulier au sein de la direction du budget, tous les sens sont en éveil et ce depuis qu’un accord fut conclu dans la soirée du lundi entre le gouvernement et les centrales syndicales.
Selon cet accord, la première partie s’engage à débourser une enveloppe de 4 milliards de DH au profit de la deuxième. Dès lors, la direction du budget a eu à sa charge d’identifier tous les scénarii à même de financer cette enveloppe. Certes, les 4 milliards s’étalent sur quatre tranches, mais la plus intrigante est celle qui se rapporte à l’année en cours. Et pour cause, la loi de finances en vigueur n’a pas prévu dans ces différents chapitres une telle dépense. Se voulant rassurant, Samir Tazi, directeur adjoint du budget déclare que « les tranches les plus substantielles ne seront à débloquer qu’à partir de l’année 2003, donc seront prévues explicitement dans les différents projets de lois de finances y afférentes ». Pour l’année prochaine, la direction du budget a déjà entamé ses travaux, aucune surprise du genre ne risque de l’entacher.
Si les responsables de la direction du budget ne s’aventurent pas à émettre des hypothèses claires quant à la manière dont ils procèderont pour régler la tranche de 2002, « c’est en général sur le budget de l’investissement que le ministère des finances sera contraint de puiser», avance un économiste. Et d’expliquer, «les rubriques budgétaires sont très rigides au Maroc et puisqu’on ne peut toucher ni au budget des salaires, ni à celui des dettes, seul le chapitre lié à l’investissement peut, malheureusement, tolérer une telle opération ».
Dans la pratique, la direction du budget peut profiter de l’existence d’un écart de quelques mois entre la date d’engagement et celle de mandatement d’un investissement. Si la deuxième se rapporte à l’année 2003, l’exercice devient plus facile.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *