Rabat tient le langage de la fermeté

A l’issue de ce conseil, le porte-parole officiel du Palais Royal, M. Hassan Aourid a fait la déclaration suivante : « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, accompagné de SAR le Prince Moulay Rachid, a présidé, mercredi un conseil des ministres extraordinaire, au cours duquel le Souverain a informé le conseil de l’invasion, ce jour, à l’aube, par des forces espagnoles de l’îlot marocain Tourah, connu sous le nom de Leila, au moment où les contacts se déroulent dans le sens de parvenir à un accord avec le gouvernement espagnol en vue de dépasser cette crise qu’il a créée, après que les autorités marocaines eurent envoyé des éléments des forces de sécurité pour mener des opérations normales de contrôle de la contrebande et de lutte contre l’émigration clandestine, et ce en réponse à la demande des pays européens et de l’Espagne en particulier. Face à cette situation, le gouvernement de SM le Roi condamne et dénonce avec force cette agression espagnole contre le territoire marocain, et condamne le déploiement militaire, devant les côtes marocaines sur la méditerranée, de navires de guerre, d’un porte-avions, de sous-marins, d’hélicoptères, ce qui n’est pas conforme à la nature et à la dimension du problème. La décision prise par l’Espagne de déployer les forces d’occupation espagnoles sur l’îlot constitue une agression flagrante contre le Royaume du Maroc. L’Espagne veut utiliser cette question et la transformer d’un différend politique en conflit militaire, par lequel l’Espagne veut imposer par la force le fait accompli. Face à ces développements, le gouvernement de SM le Roi réaffirme son attachement au droit historique et juridique du Maroc sur l’îlot Tourah/Leïla marocain.
Contrairement à ce que prétend l’Espagne, cet îlot n’a jamais fait partie du territoire espagnol ni été sous la souveraineté espagnole. L’occupation par les forces espagnoles de l’îlot Tourah/Leïla marocain est contraire à tous les principes et fondements de droit international et constitue une violation flagrante des dispositions de l’Accord d’amitié, et bon voisinage et de coopération, signé par les deux pays en 1991, particulièrement les articles 3,4 et 5, qui insistent sur le règlement des différends bilatéraux, «quelle que soit leur nature et dans les situations », par les voies pacifiques, ce que le Maroc a toujours respecté.
L’acte perpétré par l’Espagne constitue un précédent dangereux pour la stabilité, la sécurité et la paix dans la région de la Méditerranée et dans le monde, et porte atteinte à la coopération euro-méditerranéenne et aux exigences de la sécurité et du développement dans cet espace.
Le Royaume du Maroc réaffirme que l’envoi d’un nombre limité d’éléments des forces de sécurité marocaines avaient pour objectif essentiel la lutte contre la contrebande et les bandes qui encouragent l’émigration clandestine et contre tout autre acte illégal. Le gouvernement de Sa Majesté le Roi demande avec insistance à l’Espagne de se retirer immédiatement et sans conditions et d’annuler toute mesure prise sur l’îlot marocain, pour prouver réellement le sérieux de ses intentions d’instaurer un dialogue franc et constructif avec le Maroc et de créer un climat de sécurité dans la région stratégique du détroit de Gibraltar.
Le Royaume du Maroc exhorte la communauté internationale, l’Union européenne, la Ligue arabe, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et les organisations régionales, à exercer des pressions sur l’Espagne pour l’amener à se retirer immédiatement de l’îlot marocain occupé.
Le Royaume du Maroc, qui a toujours exprimé son attachement aux vertus du dialogue, de la sagesse et de la paix pour mettre fin au colonialisme espagnol dans le nord et le sud du Maroc, défendra sa souveraineté et l’intégrité de ses territoires suivant en cela la voie du dialogue ouvert, franc et global et se référant à la légalité internationale, tout en restant attaché aux principes de la paix, de la coopération et du respect mutuel, pour préserver les liens historiques liant le Royaume du Maroc et l’Espagne, les intérêts communs et les enjeux stratégiques présents et à venir.

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