Rachid Khayatey : «Le dossier devra être traité par une seule personne».

Rachid Khayatey : «Le dossier devra être traité par une seule personne».

ALM : Quel est votre avis sur l’évolution du programme d’éradication des bidonvilles à Casablanca ?
Rachid Khayatey : Aujourd’hui nous sommes loin des résultats escomptés. C’est vrai que la nouvelle ville de Rahma est un exemple de réalisation plutôt réussie mais il n’en demeure pas moins que les bidonvilles demeurent un point noir dans la ville de Casablanca. En fait, il existe deux types de bidonvilles à Casablanca, ceux qui prennent essence sur les terrains du privé et ceux qui sont sis sur les  terrains domaniaux. En tant qu’opérateur, je ne comprends pas pourquoi les bidonvilles ne peuvent pas être éradiqués des terrains du domaine du privé. Ce dernier est pourtant très flexible dans une négociation. L’Etat peut trouver une solution en mettant en place des mécanismes telle que la compensation du terrain en participant à la résorption des bidonvilles et ce, à travers la solution Idmaje Sakane. Les pouvoirs publics peuvent valoriser le terrain par un règlement d’urbanisme en définissant les valeurs marchandes.  Malheureusement, le temps change les choses et les lois organiques deviennent caduques. Les décisions prises ne font pas objet de suivi car on ne tient pas compte du facteur temps.
 
Quelles sont vos recommandations pour trouver alors des mesures plus efficaces?
Les acteurs en présence doivent se
mobiliser davantage autour d’un projet commun. L’administration renvoie à la préfecture et les élus.  Et ces derniers ne sont pas d’accord pour que les habitants des bidonvilles se déplacent car ils représentent des voix en moins. Les autres acteurs en présence sont l’administration qui assure le volet technique et les services extérieurs, à savoir l’ONE, la Lydec, le téléphone… L’administration doit être le coordonnateur. En clair, il faut déjouer les élus et œuvrer pour le bien de la ville. Car si le Maroc est en plein chantier avec tous les projets qu’il porte, les bidonvilles représentent une véritable tache dans l’aménagement du territoire et rappellent les fractures sociales.

Votre mot de la fin ?
Je pense que le dossier des bidonvilles devra être pris en charge par une seule personne. Cela permettra de trancher rapidement. Pour l’heure, le sort des bidonvillois est aujourd’hui placé entre les mains de plusieurs acteurs qui peuvent avoir d’autres intérêts.  Au Maroc, dès qu’il y a une volonté clairement définie par la Haute Autorité, elle est appliquée. Dans le cas du programme de résorption des bidonvilles, il y a une déperdition des décisions tout le long de la pyramide ce qui freine la mise en œuvre des actions.  Car pour bien cerner les problèmes, il faut qu’il y ait une seule personne. Le temps est le seul juge et aujourd’hui, il est contre nous.

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