Rapatriement des clandestins : dix ONG espagnoles dénoncent la violation des droits des mineurs

Les dix ONG espagnoles, dont "SOS Racisme", l’antenne espagnole de "Save the Children" et la Commission espagnole d’aide au réfugié (CEAR), relèvent que les mineurs non accompagnés fuient les centres d’accueils à Madrid et préfèrent vivre dans la rue de peur d’être repérés par la police et rapatriés à leur pays d’origine.

Le document remis au défenseur du peuple accuse l’Administration d’effectuer des opérations de rapatriement sans discernement et sans tenir compte des circonstances personnelles de chaque mineur.

Les dix ONG espagnoles soulignent que les mineurs marocains ont commencé à changer d’habitudes pour échapper aux contrôles policiers, s’organisant en groupes de veille pour donner l’alerte en cas de descente de la police dans les centres d’accueil pour mineurs, qui interviennent le plus souvent à l’aube.

Pour préparer leur fuite du centre d’accueil en cas d’arrivée de la police, les jeunes immigrés attachent des draps aux fenêtres, parfois dans des appartements se trouvant au 9ème ou au 10ème étage. Ce système a failli coûter la vie à un jeune marocain qui a tenté de s’échapper d’un centre d’accueil situé au 9ème étage d’un immeuble de Madrid, le 9 mars dernier.

Les signataires du document dénoncent l’attitude de l’administration espagnole qui, en violation des lois en vigueur, refuse de délivrer des permis de résidence à des jeunes immigrés qui ont passé neuf mois en Espagne sous la tutelle d’une institution autorisée.

Les ONG espagnoles assurent que les mineurs non accompagnés ne sont pas avisés par les autorités compétentes du lancement de la procédure de rapatriement et ne s’en rendent compte qu’après leur arrestation par la police, alors que la loi exige que les intéressés soient dûment informés à l’avance.

Le gouvernement autonome de Madrid et l’Entraide Nationale marocain ont signé récemment un protocole d’accord portant sur la construction à Tanger et Marrakech de deux centres qui accueilleront 220 immigrés mineurs non-accompagnés, pour un budget de 3 millions d’euros.

Le centre de Tanger entrera en vigueur durant le premier trimestre 2007, alors que celui de Marrakech ouvrira ses portes fin 2007.

Les deux centres d’accueil seront construits dans le cadre d’un projet subventionné par l’Union Européenne et les fonds d’aide au développement, avec l’appui du gouvernement marocain, de l’institut madrilène du mineur et de la famille et de l’association Paideia.

Durant l’année 2005, la communauté autonome de Madrid a accueilli quelques 350 mineurs marocains non-accompagnés, dont 17 ont été rapatriés au Maroc, alors que 18 autres ont été rapatriés durant les trois premiers mois de l’année  en cours.

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