Rapport mi-figue, mi-raisin de la Politique européenne de voisinage avec le Maroc

Rapport mi-figue, mi-raisin de  la Politique  européenne  de voisinage  avec le Maroc

Le Maroc est plus ou moins un bon voisin de l’Europe, mais il doit faire plus de progrès. C’est ce qui est formulé dans le bilan 2012 de la mise en œuvre de la Politique européenne de voisinage (PEV), dévoilé, mercredi 20 mars, à Bruxelles.
Le rapport aborde d’une manière détaillée les progrès et les retards du Royaume en 2012 et comporte une série de recommandations qui restent à mettre en œuvre (voir page 5). Sur le plan politique, le rapport de suivi de la mise en œuvre de la PEV souligne que le débat public sur l’action gouvernementale a gagné en dynamisme mais estime que la mise en œuvre effective de la nouvelle Constitution a été assez limitée en 2012 avec une seule loi organique adoptée. «Seize sur dix-neuf lois organiques prévues doivent encore être élaborées et adoptées par le gouvernement», recommande le rapport. Concernant la justice, le rapport voit d’un bon œil le travail de la Haute Instance du dialogue national sur la réforme de la justice qui devra élaborer une Charte nationale pour la réforme de la justice. Toutefois, il déplore qu’il n’ait pas été possible d’engager les fonds communautaires prévus pour l’appui à cette réforme, «l’élaboration d’une stratégie opérationnelle de mise en œuvre ayant été retardée», lit-on dans ledit rapport. En matière de lutte contre la corruption, les responsables de l’UE rappellent que le Maroc occupe en 2012 la 88ème place sur 176 pays au niveau de l’indice de perception de la corruption. Ils appellent ainsi le Royaume à lutter plus résolument contre la corruption, notamment sur la base d’un renforcement des compétences et capacités de l’Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption et de l’adoption d’une stratégie nationale en la matière.
Dans le domaine de la démocratie et des droits de l’Homme, «le Maroc s’est présenté à la 13ème session de l’Examen périodique universel et a accepté 141 des 148 recommandations du Conseil des droits de l’Homme», se félicite-t-on dans le rapport. Sauf qu’on note que les «entraves à l’exercice des libertés d’association et de rassemblement ont persisté, de même que des mesures d’intimidation et de répression à l’encontre des journalistes et des médias», souligne le document. Ce dernier enfonce le clou en précisant que «plusieurs cas de violences de la part des forces de l’ordre et d’arrestations arbitraires à l’encontre des manifestants ont été rapportés, ceci sans parler des droits des migrants qui ont été bafoués à de multiples reprises».
Sur le plan commercial, l’UE applaudit les progrès substantiels réalisés avec la mise en place définitive de la zone de libre-échange entre le Maroc et l’UE le 1er mars 2012 et l’entrée en vigueur de l’accord de libéralisation du commerce agricole le 1er octobre 2012. «Toutefois, malgré la poursuite par les autorités des politiques macroéconomiques adéquates qui ont largement protégé le pays des conséquences majeures de la crise économique et financière internationale, l’économie marocaine a été affectée par la continuation de la crise dans les pays partenaires et par le poids du système de subventions qui a pesé sur les finances publiques», indique le rapport. Sur le plan social, le rapport met l’accent sur la hausse du chômage, principalement parmi les jeunes. Aussi selon la même source, «en dépit de la progression des dépenses budgétaires en faveur des secteurs sociaux (plus de 50% actuellement), l’équité d’accès aux services sociaux de la population n’est pas assurée et les inégalités sociales persistent». Le rapport fait observer qu’une vision globale coordonnée permettant de faire face aux dimensions multiples de l’exclusion et de la pauvreté reste à élaborer autant que la réforme de la Caisse de compensation.

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