Rebibo : victime innocente de la barbarie

Rebibo : victime innocente de la barbarie

«Je reconnais avoir proposé, à maintes reprises, à mes “frères“ d’attaquer le citoyen juif, Albert Rebibo, le tuer et le délester de l’argent qu’il garde à l’intérieur de son magasin de bois, situé au Souk El Koriâa…». C’est une partie des déclarations de l’ex-policier, Khalid Adib, impliqué, avec la complicité de dix autres «takfiristes » de «la Salafiya Jihadia», dont deux autres policiers, dans le meurtre du marocain de confession juive, Albert Rebibo, le 11 septembre 2003. Vers midi 30 de ce jour qui coïncide avec l’anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre, deux individus, en cagoule, armés d’un revolver, s’approchent d’Albert Rebibo, né en 1947, divorcé et père de deux filles, qui s’apprêtait à descendre le rideau de son magasin pour rentrer chez lui. Bien que le Souk El Koriâa, au quartier Derb Soltan, grouillait encore d’activité et de passants, les deux individus l’ont froidement assassiné à l’aide d’une arme à feu avant de prendre la fuite en escaladant un mur donnant sur l’autoroute, Rabat-Casa. Ils y arrêtent une voiture en pointant leurs armes sur ses deux passagers, un médecin et sa femme. Ils les ont forcés à descendre et se sont emparés de la voiture, qui est retrouvée, le soir du même jour, abandonnée dans une ruelle du quartier Sadri. Khalid Adib est-il l’un des assassins de Rebibo ? « je n’ai pas participé au meurtre d’Albert Rebibo et j’ignore qui sont les personnes qui l’ont exécuté…», a-t-il répondu aux éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca. Une réponse non convaincante. D’abord, il avait exprimé sa volonté de tuer les Marocains de confession juive, installés au Maroc, à ses «frères takfiristes» au point que l’un d’eux, Khalid El Hafiane, 30 ans, menuisier, l’avait conduit vers le magasin d’Albert Rebibo. «C’est Khalid El Hafiane qui m’a conduit , en mai 2003, vers le magasin d’Albert Rebibo…Il m’a expliqué auparavant que le magasin de ce Juif se situe dans un lieu qui facilite la fuite Une fois sur le lieu, j’ai décidé de passer le plus tôt possible à l’acte », précise Khalid Adib aux enquêteurs. Chose que Khalid El Hafiane a confirmé quand il a été arrêté. Par ailleurs, Abdelkbir Sikel, impliqué également dans le dossier d’Albert Rebibo, a confié aux enquêteurs avoir rencontré Khalid Adib, quelques minutes après l’assassinat, pas très loin du lieu du crime. « J’ai rencontré Khalid au café Annassime, au quartier Bouchentouf…Il m’a accompagné chez moi pour déjeuner… Il ne m’a pas parlé de l’assassinat d’Albert Rebibo et je ne lui en ai pas parlé bien que j’étais au courant », affirme Abdelkbir Sikel aux enquêteurs. Khalid Adib en était également au courant. «Oui, j’étais au courant de l’assassinat de Rebibo», confirme-t-il aux policiers. Qui a tué donc Albert Rebibo et pourquoi ? Des questions qui restent jusqu’à aujourd’hui sans réponse. Adib et ses 10 acolytes dont deux autres policiers, actuellement en détention préventive, nient et avouent en même temps ! Le travail de fourmi effectué par les enquêteurs de la BNPJ a abouti à l’arrestation de l’ex-policier, Khalid Adib. Il était le gourou de la cellule qui cherche à liquider les Marocains de confession juive. Qui est cette personne ? Ce fils d’un père polygame, retraité de l’ODEP, âgé de 40 ans, a 8 frères et soeurs. Il a décroché, en 1984, son bac en sciences expérimentales pour rejoindre la faculté des Sciences de Ben M’sik où il a été inscrit à la branche physique-chimie. Recalé à deux reprises en 1ère année, il la quitte pour passer un concours de l’OCP. Il a été choisi parmi les fonctionnaires du 5ème degré. Seulement, il n’y est resté que sept mois. Passant par l’OFPPT et les déclarants en douane, il a fini en 1990 dans les rangs de la police. Après l’Ecole de formation de Bouknadel, il a été recruté dans les rangs de la Compagnie d’intervention mobile (CMI), groupe n°20, à Casablanca. Ses rencontres avec le policier du même groupe, Omar Fallouh, l’ont influencé. Ce dernier, âgé de 37 ans, marié et père de deux enfants est également, impliqué dans cette affaire de Rebibo. C’est grâce à lui que Khalid Adib commence à connaître les grands charlatans musulmans, tels Cheikh Albani et Adnane Al Ârour en lisant leurs livres et apprend les ABC de La Salafiya Jihadia notamment lorsqu’il a commencé à l’accompagner à “Dar du Coran“ à Sidi Moumen. Là, il a fait la connaissance d’un autre policier, démissionnaire, actuellement en état de fuite. Il s’agit de Abdelkrim Rasmane avec lequel il se rendait également à la moquée Al Houda, située au boulevard 2 mars, à Casablanca où il a commencé à rencontrer le plus souvent des théoriciens de ce courant «takfiristes» qui appelle au Jihad, tels Abdelkrim Chadili, condamnés à 30 ans de réclusion criminelle et l’émir d’“Assirate Al Moustakime “, Zakaria Miloudi, condamné à la perpétuité. Il s’est mis à assister à des réunions organisées chez Abdelkrim Bennani, commerçant en livres religieux au boulevard Beni Mguild. Devenant un vrai Salafiste Jihadi et prenant en considération la Fatwa de Abdelkrim Chadili, qualifiant les salaires versés par l’Etat d’illicites, Khalid Adib a démissionné des rangs de la police en 1998. Depuis, il a commencé à s’adonner au commerce. Entre temps, il a fait la connaissance d’un autre policier, Abdelhamid Radi, né en 1970, marié, père d’un enfant et impliqué également dans ce dossier. Tous deux se sont mis d’accord pour participer aux cours de formation d’Abdelhamid en tir pour avoir des revolvers et des cartouches afin de perpétrer dans l’avenir des actes terroristes contre des personnalités, d’extorquer un agent de la gendarmerie Royale, Bouâzza. K, qui travaille aux Emirats Arabes Unis et s’adonne, en parallèle au proxénétisme, ont planifié avec d’autres membres de perpétrer des hold-up dans des agences bancaires, de tuer des Marocains de confession juive dont un imprimeur qui réside au boulevard Prince Moulay Abdellah ainsi que Albert Rebibo et le juge qui a condamné les «takfiristes» impliqués dans les attentats du 16 mai, ils ont également prévu d’attaquer des écoles juives et des synagogues.

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