Réforme constitutionnelle : La presse monte au créneau pour la création d’un Haut Conseil

Les professionnels du secteur de la presse livrent leurs visions à propos de la réforme constitutionnelle. La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) et le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) présentent aujourd’hui, jeudi 14 avril, leurs propositions au sujet de ce chantier fondateur devant la Commission consultative de révision de la Constitution (CCRC). Ainsi, et après les partis politiques, les Centrales syndicales et les acteurs de la société civile, c’est au tour des médias, en tant que secteur organisé qui aspire à la modernisation, le développement et la réhabilitation du champ médiatique, de dire leur mot à propos de la réforme. La principale revendication des professionnels concerne la création d’un Haut Conseil de la presse. «Nous souhaitons que la Constitution mentionne la création d’un Haut Conseil de la presse, indépendant, géré par les professionnels, qui organise l’accès au métier et sa pratique, qui veille au cadre institutionnel et au développement économique du secteur et qui installe, enfin, une culture déontologique telle qu’elle est universellement admise», précise Khalil Hachimi Idrissi, président de la FMEJ, dans un entretien à ALM (Voir entretien page 5). Aussi, selon Younès Moujahid, président du SNPM, ce Conseil permettra aux médias de s’organiser eux-mêmes dans le cadre du principe de l’autorégulation (Voir encadré ci-dessous). La FMEJ et le SNPM demandent, également, la reconnaissance de la liberté de la presse comme un élément central dans la vie démocratique. Ils souhaitent, en outre, que la nouvelle Constitution consacre la liberté de la presse, le droit d’accès à l’information et la protection du métier de journaliste. A noter que la FMEJ et le SNPM avaient eu l’occasion d’exposer leurs visions à propos des initiatives à entreprendre pour la mise à niveau du secteur lors de rencontres, mardi 5 avril, avec Khalid Naciri, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement. Lors de ces réunions, M. Naciri avait souligné la nécessité de mettre en place «une nouvelle pratique journalistique» et «d’une consolidation de la déontologie dans l’exercice de la profession». Selon le ministre de la Communication, l’amendement du Code de la presse devrait s’inscrire dans le cadre de la nouvelle dynamique de la réforme constitutionnelle. «Nous sommes capables d’inscrire la problématique de la réforme des médias dans la grande dynamique impulsée par le discours historique prononcé par SM le Roi le 9 mars qui a ouvert un grand chantier de réformes constitutionnelles et politiques», a-t-il dit dans une déclaration à la presse à l’issue de cette réunion de travail avec les représentants de la FMEJ. M. Naciri avait indiqué qu’il est «évident que l’espace médiatique ne peut pas rester indifférent à ce mouvement de réforme politique majeure». M. Hachimi Idrissi avait souligné, à cette occasion, que cette rencontre visait à approfondir la réflexion autour du Code de la presse sur la base des propositions de juin 2007, l’objectif étant d’élaborer «un Code de la presse libéral, moderne, ouvert et démocratique». De son côté, le président du SNPM avait relevé l’importance de la conjoncture dans laquelle se tient cette rencontre, avec, en particulier, le développement de plus en plus important des nouvelles technologies et l’existence d’une volonté d’élargir les libertés, notant que cette étape «relance le débat interrompu depuis 2007 au sujet de plusieurs questions».


 Le SNPM veut que la régulation de l’audiovisuel soit un droit de la société
Le président du SNPM a affirmé, mercredi à ALM, que le mémorandum du syndicat sur la réforme constitutionnelle était en cours d’élaboration. Selon M. Moujahid, il ressort des propositions du syndicat de la presse quatre principaux éléments. Premièrement, le SNPM demande de consacrer constitutionnellement le droit des citoyens à l’accès à l’information. Il propose, en deuxième lieu, que la Constitution indique que les médias, en tant que quatrième pouvoir, sont un bien public. Le mémorandum du SNPM met l’accent, en outre, sur le principe de l’autorégulation. Le SNPM demande, dans ce sens, la mise en place d’un Haut Conseil de la presse permettant aux professionnels du secteur de la presse de s’organiser eux-mêmes. Le syndicat de la presse propose, aussi, que la régulation de l’audiovisuel soit un droit de la société. «Jusqu’à présent c’est l’Etat qui assure la régulation du secteur de l’audiovisuel par le biais de la HACA. Une instance dont cinq membres sont nommés par le Roi, deux par le Premier ministre et deux autres membres sont nommés par les présidents des deux Chambres du Parlement. Il faut que tout cela change. C’est la société qui doit désormais assurer cette mission en prévoyant de nouveaux mécanismes de régulation», explique M. Moujahid.


 Pour l’enrichissement du dispositif juridique relatif à l’exercice du journalisme
Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a indiqué, mardi 12 avril, à Rabat, que son département a entamé des consultations avec les parties concernées pour enrichir le dispositif juridique relatif à l’exercice de la profession du journalisme et parvenir à un consensus avancé autour de ce sujet. Répondant à une question orale à la Chambre des conseillers sur «la révision du Code de la presse et la réhabilitation du champ médiatique», le ministre a ajouté que la méthodologie suivie par son département «est loin de l’approche institutionnelle pure, car il était dans le pouvoir du gouvernement de préparer ses propositions et de les présenter à la procédure législative pour approbation», néanmoins, «nous avons voulu aller plus loin que cela en impliquant tout porteur d’idée à l’amélioration de cette structure institutionnelle et civilisationnelle collective dans une étape historique marquée par l’accélération des réformes sous la conduite de SM le Roi». M. Naciri a mis l’accent sur l’importance de la réforme du Code de la presse dans le cadre de ce vaste chantier de réformes constitutionnelles que connaît le Maroc, indiquant que «les circonstances n’étaient pas favorables lors des dernières années pour un débat profond et sérieux à même d’aboutir à des résultats utiles» et, qu’en revanche, elles sont aujourd’hui «plus mûres et ouvertes sur un débat sérieux relatif à la presse écrite, électronique et audiovisuelle».

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