Réforme constitutionnelle : Le 20 février se heurte à une forte résistance

Réforme constitutionnelle : Le 20 février se heurte à une forte résistance

Sans surprise, le Mouvement du 20 février est descendu encore une fois dans la rue pour protester. Les jeunes du 20 février ont défilé, dimanche 19 juin, dans quelques villes du Royaume, au grand étonnement des citoyens, pour appeler au boycott du référendum et dénoncer le projet de la nouvelle Constitution. Un projet annoncé par SM le Roi Mohammed VI dans son discours à la Nation de vendredi 17 juin, visant à renforcer la démocratie marocaine. Selon les observateurs de la scène politique, les jeunes du 20 février, qui avaient boycotté la Commission Mennouni, donnent l’impression de s’obstiner à respecter leur «rendez-vous hebdomadaire» nonobstant les changements profonds qui s’opèrent entre-temps. Entre le dimanche 12 juin et le dimanche 19 juin, c’est le Maroc qui change complètement de visage et s’inscrit dans une nouvelle ère démocratique caractérisée essentiellement par l’octroi au gouvernement d’un pouvoir exécutif effectif, l’élargissement des attributions du Parlement, la mise en place d’un pouvoir judiciaire indépendant, la consécration du respect des droits de l’ Homme et des libertés des citoyens et le renforcement des mécanismes de la bonne gouvernance. Ceci dit, les manifestations du 20 février organisées, dimanche 19 juin, n’ont pas été du goût des citoyens. Plusieurs jeunes, brandissant drapeaux et portraits de SM le Roi, ont tenté d’empêcher des membres du 20 février de manifester, tout en exprimant leur refus de toute démarche visant à envenimer le climat festif ayant accompagné l’annonce du projet de la nouvelle Constitution. Le Mouvement du 20 février se heurte, ainsi, à une forte résistance. Aussi, le fait que les jeunes du 20 février ne se sont pas donnés suffisamment de temps pour examiner les dispositions de la nouvelle Constitution a suscité la réaction de certains membres du Mouvement. «La position du 20 février à l’égard du projet de la nouvelle Constitution sera prise lors des assemblées générales du Mouvement. Seuls les communiqués officiels du Mouvement issus des assemblées générales du Mouvement sont habilités à exprimer ses positions. Certes, nous disons que nous refusons cette Constitution car elle ne répond pas à nos revendications consistant à mettre en place une monarchie parlementaire, mais nous n’avons nullement le droit de donner l’ordre au peuple marocain de voter pour ou contre ou boycotter le référendum», souligne Mohamed Tarik, membre du 20 février-section de Casablanca, dans une déclaration à ALM. «Il est du devoir des jeunes du 20 février, en tant que citoyens, de procéder à une évaluation neutre et objective des dispositions de la Constitution et d’expliquer sa position à l’égard de ce texte aux citoyens. Mais, nous ne sommes nullement en mesure d’exercer une tutelle sur le peuple», ajoute-t-il. D’autres membres du 20 février estiment qu’après le discours royal du 17 juin, rien ne justifie les manifestations de protestation organisées par le Mouvement des jeunes. «Le projet de la Constitution répond parfaitement aux aspirations du peuple marocain. Nous approuverons ce projet qui dépasse les mémorandums présentés par certains partis politiques. Ceux qui ont manifesté dimanche contre ce projet sont principalement les membres d’Al Adl Wal Ihssane en plus de quelques gauchistes. Je ne sais pas ce que cherchent les Adlistes. Est-ce la démocratie ou quelque chose d’autre ? Si ces derniers estiment que les réformes apportées par la nouvelle Constitution ne sont pas suffisantes, qu’ils nous fassent leurs propositions!», s’interroge Hussein Abenkcer, membre du 20 février-section de Casablanca. «Si le Mouvement doit continuer aujourd’hui à descendre dans la rue c’est pour expliquer aux citoyens les dispositions de la nouvelle Constitution afin de déclencher un débat national sérieux à propos de ce chantier», ajoute M. Abenkcer. A noter que les jeunes du 20 février se sont donné rendez-vous dimanche prochain pour poursuivre leur démarche de protestation contre le projet de la Constitution.

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