Régionalisation : Omar Azziman prévoit 215 milliards DH pour installer les régions

Régionalisation : Omar Azziman prévoit 215 milliards DH pour installer les régions

Les propositions du rapport de la Commission consultative de la régionalisation (CCR) ont été débattues et explicitées lors d’un point de presse organisé, lundi 28 mars, à Rabat. Il s’agit de la deuxième rencontre entre les membres de ladite Commission avec les médias, la première à cet effet a été tenue le 10 mars. Omar Azziman, président de la Commission, a présenté les grandes lignes du projet de la régionalisation avancée. Avant de donner la parole aux autres membres de la Commission, M. Azziman a mis l’accent sur l’«essence démocratique du projet de la régionalisation visant à contribuer au chantier de déconcentration et décentralisation et consolider la démocratie représentative». «Un diagnostic de l’état actuel des régions nous montre qu’il y a des déficits et des différences flagrantes entre leur développement. Par exemple, le développement économique de trois régions représente 44% des richesses et ressources du pays», a expliqué Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib et membre de la Commission, soulignant que la mission principale de la région est de participer d’une manière effective au développement économique. «Pour remédier aux lacunes des régions et leur carence au niveau du développement humain (éducation, santé, habitat social, infrastructure), l’Etat doit assumer le financement des régions à hauteur de 128 milliards jusqu’à 215 milliards DH et ce sur une période s’étalant sur deux mandats électoraux», a indiqué M. Jouahri. Selon M. Jouahri, ce montant alimentera progressivement un Fonds de mise à niveau régionale dont les tranches seront inscrites dans les lois de finances, afin de permettre une programmation pluriannuelle et un suivi‐évaluation adéquats. Les critères d’éligibilité et de répartition seront définis par une commission ad hoc. «Un fonds de solidarité régionale sera mis en place, auquel chaque région apportera une contribution à partir de ses ressources. L’Etat accroîtra de manière significative ses transferts vers les régions, dans un souci de renforcement de leur capacité d’action et d’initiative en matière de développement économique, social, culturel et environnemental», a précisé M. Jouahri.
Les mesures pour renforcer la participation des citoyens aux affaires de leur région et la responsabilisation directe des élus envers la population ont également été à l’ordre du jour. «Le conseil régional se composera de membres élus disposant d’une crédibilité garantie par des mesures de suivi et de contrôle de l’Etat», a indiqué, pour sa part, Mohamed Berdouzi, membre de la Commission. Le renforcement des pouvoirs exécutifs des présidents de conseil a été explicité par Nourredine Omary, membre de la Commission et président du Conseil national du commerce extérieur (CNCE). Selon lui, le rapport entre le centre et la région doit être basé sur la concertation, la contractualisation et le partenariat et non pas sur la tutelle de l’État. Rappelons que le jeudi 10 mars, Omar Azziman, président de cette Commission, avait présenté à SM le Roi Mohammed VI l’intégralité des documents et actes relatifs à l’élaboration de la vision globale de la régionalisation avancée. A noter qu’en ce qui concerne le nouveau découpage régional, le rapport sur la régionalisation avancée, élaboré par la Commission Azziman, réduit d’au moins 25% le nombre de régions Le projet propose ainsi la mise en place de 12 régions. Les nouvelles régions ont la particularité, selon le rapport, d’abriter une masse de population plus forte, couvrir des territoires plus étendus et regrouper des circonscriptions administratives plus nombreuses. La nouvelle configuration régionale a été faite selon certains critères basés sur les principes d’efficience, d’homogénéité, de proportionnalité et d’équilibre, mais aussi d’accessibilité et de proximité.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *