Réhabilitation de l’action politique

Réhabilitation de l’action politique

La démocratie et le rôle des partis politiques ont été la clé de voûte du discours royal. C’est presque à une réforme de la classe politique que le Souverain a vivement appelé pour combler un vide d’encadrement par le biais de plusieurs outils juridiques, structurels et financiers. Le lien est ainsi établi avec les événements douloureux de Casablanca dont les commanditaires et les auteurs ont profité des failles de la démocratie circonstancielle des partis politiques : les élections. Autant dire que les carences de ces organisations ont laissé pousser, au quotidien, un référentiel obscurantiste, qui a supplanté celui de l’ouverture et de la tolérance. Ce faisant, la démocratie et la pratique politique en général étaient en danger de mort face à une massive infiltration d’extrémistes. Des illuminés, qui agissaient au nom d’une conception rétrograde et archaïque de la religion musulmane dont ils ont dénaturé tous les préceptes de paix, d’ouverture et de sérénité. Tout en réitérant sa fermeté à combattre ce fléau, SM le Roi, en tant qu’Amir El Mouminine, a tenu à remettre les pendules à l’heure en précisant que la modernité et les valeurs universelles ne vont pas à l’encontre de l’Islam : « …A partir de cette vision éclairée de notre référentiel religieux, Islam et modernité se complètent pour former des affluents fondamentaux qui irriguent le référentiel universel, en parfaite harmonie avec le plus important de ses supports, à savoir la démocratie.» La monarchie constitutionnelle marocaine étant fortement ancrée dans cette voie qui concilie la liberté avec la prédominance de la loi. Or, un Etat démocratique ne peut être fort et faire face aux nihilistes que si chacune de ses composantes prend ses responsabilités notamment les partis politiques qui devraient constituer un maillon fort de l’Etat : « …Outre l’unanimité autour des constantes et le consensus sur un seuil minimum de règles, le raffermissement de la démocratie resterait incomplet en l’absence des partis politiques forts. » C’est dire que le pluralisme n’est pas un vain mot pour planter le décor de la démocratie si les partis politiques n’assument pas pleinement leurs responsabilités. SM le Roi est on ne peut plus explicite à ce sujet : « …Mais quelle peut être la force des partis s’ils n’assument pas leur rôle d’encadrement et de représentation des citoyens, de la jeunesse en particulier, et s’ils ne contribuent pas au renforcement de l’autorité de l’Etat et à la restauration d’un climat de confiance à l’égard des institutions ?». La question pourrait paraître simple, mais elle évoque en fait le problème crucial de notre démocratie. A savoir le grand déficit politique de notre société cumulé par l’absence des partis politiques qui ne se distinguent qu’en périodes électorales. Entre-temps, les adeptes de la division, les nihilistes et ceux qui versent dans l’égocentrisme religieux, ethnique et linguistique, minent le terrain au quotidien par le fascisme et l’exclusion. Pour éradiquer ce phénomène, le Souverain appelle à l’adoption de la loi sur les partis afin de leur donner les moyens d’accomplir leur mission et de contrecarrer les visées obscurantistes des adeptes de l’exclusion : « cette loi devait avoir pour finalité le renforcement du rôle des partis dans l’encadrement et la représentation des citoyens, et ce, en interdisant la constitution de partis ou de formations sur des bases religieuses, ethniques, linguistiques ou régionalistes… ». Le message est clair, ferme et sans équivoque. Aux dirigeants des partis politiques d’en saisir la teneur pour s’engager ferment dans la réhabilitation de l’action politique pour un projet de société démocratique et moderne.

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