Ressources hydriques : La Banque mondiale et la NASA soutiennent le Maroc pour une meilleure gestion de l’eau

La Banque mondiale engage une action conjointe avec l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la NASA pour cartographier les niveaux d’eau au Maroc. En effet, bientôt des satellites postés au-dessus du Royaume vont détecter et mesurer les niveaux d’eau dans les réservoirs et les rivières, ainsi que les régimes pluviométriques et l’humidité des sols. Ainsi, ce projet va s’appuyer sur les satellites et des outils de télédétection pour cartographier les précipitations, les sécheresses et l’évapotranspiration, en faire un suivi quasiment en temps réel et en établir les prévisions. Aussi, grâce à ce nouveau moyen d’observation des systèmes hydrographiques, les autorités pourront suivre par satellite les situations de sécheresse ou d’inondation à l’échelle locale et régionale, surveiller l’évaporation à la surface des lacs et des retenues d’eau, et même estimer les ressources hydriques à venir ainsi que l’état et le rendement des cultures. Ce nouveau projet, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), est le premier des investissements réalisés dans le cadre de l’Initiative en faveur du monde arabe et approuvés par le conseil des administrateurs de la Banque mondiale. Ce même conseil a récemment approuvé un don de 4,59 millions de dollars pour améliorer la gestion des ressources hydriques et la gestion agricole, au plan national et régional, au Maroc, en Jordanie, en Tunisie et au Liban ainsi qu’au niveau du Conseil arabe de l’eau. Les dons du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) financeront le matériel, les logiciels et l’assistance technique nécessaires à l’application de différents outils d’aide à la décision, consistant en instruments de télédétection et d’observation de la Terre, pour appuyer la gestion des ressources hydriques et la gestion agricole. Ces outils renforceront la capacité des pays participants à surveiller les problèmes locaux et régionaux touchant la collectivité tels que les incendies, les sécheresses, les inondations, la disponibilité d’eau douce, l’évapotranspiration et le rendement des cultures. Ils amélioreront aussi notablement leur aptitude à étudier l’incidence des changements climatiques sur les ressources hydriques à partir de scénarios climatiques très divers. La pénurie d’eau douce dans la plupart des pays de la région du  Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) est un problème de plus en plus sensible qui a des retombées substantielles sur l’agriculture, l’environnement, et l’approvisionnement durable en eau de populations toujours plus urbaines et en plein essor. Ainsi, sont également concernés par ce projet, en plus du Maroc, d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, à savoir la Jordanie, la Tunisie et le Liban. Dans ces pays, les données relatives à l’eau étaient jusqu’ici recueillies manuellement sur le terrain. Ces opérations présentaient un coût souvent important et l’inconvénient d’être peu maniables et difficilement vérifiables. Ce qu’offrent aujourd’hui les images satellitaires, c’est une visualisation unique, au-delà des chaînes de montagnes et des frontières, et quasi instantanée. Pour la réalisation de ce projet, la Banque mondiale s’est associée à l’USAID et à la NASA. À l’instar des autres grandes agences spatiales, l’agence américaine dispose d’un large éventail de satellites d’observation terrestre, dont beaucoup gravitent autour du globe depuis plusieurs décennies. Une grande partie des données collectées étant archivée, les scientifiques et les spécialistes de l’eau peuvent remonter dans le temps pour établir un historique des informations relatives à l’eau. Selon la Banque mondiale, cet historique rendra compte des régimes pluviométriques, entre autres facteurs environnementaux, et donnera une idée de ce que réserve l’avenir dans ce domaine. Autant d’informations qui peuvent être exploitées de différentes manières, pour différents objectifs. Toute gestion des ressources commence par une évaluation de l’existant. Pendant des siècles, les informations sur l’eau se transmettaient de bouche à oreille. Aujourd’hui, cette forme d’évaluation in situ apparaît inefficace et souvent peu fiable, voire inexistante dans bien des régions du monde. C’est pourquoi les données provenant de l’espace ont une valeur inestimable. Ce projet constitue la première des opérations approuvées dans le cadre de l’Initiative en faveur du monde arabe, un partenariat récent de la Banque mondiale avec les pays arabes qui a pour objectif d’encourager la coopération sur des questions de dimension régionale et mondiale. Aussi, ce projet est également le premier mené au titre d’un accord noué récemment entre la Banque mondiale et le département d’État des États-Unis afin de promouvoir la collaboration avec les agences américaines, et notamment la NASA et l’USAID. Selon la Banque mondiale, compte tenu de l’importance cruciale de l’eau douce pour la population du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, agriculteurs, villageois ou habitants des villes, il apparaît on ne peut plus pertinent de commencer par là.


 Les retombées du projet sur le Maroc
Au Maroc, les experts doivent en premier lieu mesurer l’utilisation et la disponibilité des ressources en eau, souligne la Banque mondiale. Depuis 40 ans, le changement climatique se traduit par des températures supérieures à la moyenne, et des précipitations inférieures. Sauf inversion de cette tendance, les scientifiques y redoutent de graves sécheresses. Grâce à l’utilisation de l’imagerie par satellite, il sera possible de cartographier ces évolutions potentielles et leur impact. Les images satellitaires peuvent également assurer le suivi des facteurs environnementaux favorisant la prolifération des criquets et aider ainsi les agriculteurs installés dans les aires de reproduction à se préparer aux attaques de cet insecte dévastateur pour les cultures. Enfin, alors que les agriculteurs marocains recourent en grand nombre à des systèmes d’irrigation, la cartographie donnera un bon aperçu de leurs usages de l’eau et de leurs besoins, et pourra mettre en évidence les cultures qui consomment le plus d’eau.

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