Saâd-Eddine El Othmani, l’islamiste B.C.B.G.

Saâd-Eddine El Othmani, l’islamiste B.C.B.G.

Il est réputé comme étant l’incarnation de la notion de tolérance et de dialogue, prônée par l’Islam. Le sourire constamment aux lèvres, même devant les pires athées, Saâd-eddine El Othmani force le respect de ses interlocuteurs avec la fluidité de son discours et son extraordinaire capacité d’écoute. Une qualité que l’on impute à son métier de psychiatre. Actuellement secrétaire général adjoint du PJD, il est perçu par les observateurs comme l’évident successeur du docteur Abdelkrim El Khatib à la tête du parti.
Né à la ville d’Inzegane, le 16 janvier 1956, M.El Othmani a réussi un parcours scolaire que tous les parents souhaitaient pour leurs enfants à l’époque. En 1976 il décroche son baccalauréat au lycée Abdellah Ibn Yassine pour aller s’inscrire à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. Sept ans après, il est docteur psychiatre, mais aussi un Alim des plus originaux, car en parallèle avec ses études en médecine, le jeune soussi s’est enfoncé dans les études de la chariâ islamique. Il est lauréat de la prestigieuse Dar Al Hadith El Hassania à Rabat.
Au lieu d’essayer de devenir un homme qui a du succès, il a préféré devenir un homme qui a de la valeur. El Othmani est toujours aussi modeste que serein, jusqu’à son allure. Ce n’est pas pour rien que l’on considère le SG adjoint du PJD comme le parfait islamiste, ouvert et modéré. Depuis qu’il a intégré le PJD aux côtés de Abdelkrim El Khatib, Mustapha Ramid, Ahmed Raissouni et Abdelilah Benkirane, il prend ses engagements très au sérieux. Il aime son pays et se déclare constamment mobilisé pour que la construction démocratique soit achevée dans les plus brefs délais. Même avant de devenir SG du PJD, quand il était directeur du parti depuis 1998, il a toujours préféré traiter personnellement tous les dossiers. « C’est l’homme des équilibres entre toutes les composantes du parti. », déclare un membre du PJD.
Et d’ajouter «Il fait partie des très rares membres de son parti qui ont réussi à assumer leurs engagements politiques tout en se consacrant à leurs études.». C’est un homme réaliste, qui n’arrête pas de répéter, toujours en souriant, qu’il « n’est pas toujours évident pour un parti islamique de faire de la politique ». Il est convaincu que l’Islam est une référence indiscutable de la nation marocaine, et ce depuis des siècles, et non depuis l’avènement de ce que l’on appelle l’islamisme, ou le fondamentalisme. Pour ce «modérateur» comme l’appellent certains de ses collègues, tout ce qui a été dit sur l’islamisme verse dans une énorme déviation des réalités.
Le terrorisme est le résultat naturel de plusieurs facteurs, notamment les inégalités socio-économiques et la schizophrénie politique. En homme politique sérieux, M.El Othmani prend compte de l’évolution de l’histoire et de la conjoncture nationale et internationale. Son côté intelligent est parfaitement illustré par son attitude lors des meetings de son parti où il se fait souvent discret en évitant les tapages et les tentations de grandeur, tout en participant activement aux débats. Il a toujours été pour une participation effective dans le champ politique national. C’est la seule façon d’améliorer la situation politique déplorable qui marque les activités de tous les partis marocains.
Pour El Othmani, intégrer le champ politique ne signifie pas un gel des revendications. Au contraire, ce n’est qu’en travaillant sereinement avec toutes les forces vives du pays que l’on pourra avancer, bien entendu dans le cadre de la constitution et de la loi. A ceux qui le qualifient de plusieurs superlatifs de mollesse, il rétorque que pour lui, le doute et la peur sont les auxiliaires des grandes initiatives.
Saâd-eddine El Othmani craint surtout les éloges exagérés, mais il ne doit certainement pas ignorer que l’émeraude ne perd jamais de sa valeur faute de louanges. Serait-ce le docteur qui succédera à l’autre docteur à la tête du PJD ? Au moins, avec son expérience de psy, il est en mesure de psychanalyser en mettant sur le divan les « excités » de son parti.

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