Sahara : 250 activistes espagnols pro-Polisario piégés pendant 24 heures à l’aéroport de Tindouf

Sahara : 250 activistes espagnols pro-Polisario piégés pendant 24 heures à l’aéroport de Tindouf

L’histoire aurait pu être racontée comme une blague, si ce n’est ce côté désolant de la tragédie qui vient de se dérouler à Tindouf. 250 activistes espagnols qui ont été amenés de l’Espagne par les autorités algériennes pour manifester, samedi dernier, du côté Est du mur de défense marocain, précisément dans la localité de «Mahbes», n’auraient peut-être jamais pu imaginer que leur retour en Espagne allait se transformer en cauchemar. C’en était vraiment un. Arrivés, vendredi dernier, à bord d’un vol charter à l’aéroport d’Alger, d’où ils ont été acheminés vers Tindouf, ils avaient pour «mission» de faire un sit-in devant ce que la propagande anti-marocaine d’Alger appelle le «le mur de la honte». C’est chose faite. Ils ont pu faire leur cinéma, sous le regard émerveillé de la propagande séparatiste, avec l’appui logistique et financier de l’Algérie. «À bas le mur !», ont-ils entonné sous le regard vigilant des services de la sécurité militaire algérienne.
Sauf que les «marcheurs» zélés ignoraient simplement de quel côté cette « honte » devait réellement se situer. Après avoir joué le rôle qu’on leur avait attribué, à coups de slogans mensongers, ils ont été reconduits vers Tindouf. Et, là, ils allaient vivre un véritable cauchemar. Alors qu’ils s’apprêtaient à rentrer chez eux, ils se sont rendu compte que l’avion qui devait les ramener en Espagne ne pouvait décoller. «L’avion ne pourra pas décoller à cause d’une panne technique», se sont contentés de leur dire des employés de l’aéroport militaire de Tindouf, avant de leur annoncer que l’avion en question allait bientôt être réparé. Ce qui n’a fait qu’attiser les craintes des membres de l’expédition, composée essentiellement de quelques journalistes free-lance et des petits militants d’associations à la recherche d’un week-end gratuit au Sahara. L’idée d’embarquer à bord d’un tel avion a fait peur à tout le monde. Mais ce n’était que le début. Confrontés au spectre de voyager à bord «d’une ferraille volante», ils devaient encore faire face au manque du strict minimum pour tenir. Pas de nourriture, ni eau potable, bref, rien. À part quelques gorgées d’eaux usées, qui ont été à l’origine de vomissements en série, voire de syncopes, en raison de la forte chaleur. Les «braves amis» espagnols de la «cause sahraouie», ceux-là mêmes qui font acte d’une grande générosité, – quand il s’agit de «l’aide humanitaire » qui finit souvent dans les poches des caciques et autres notables du Polisario -, n’ont eu « droit » qu’à 24 heures de ce que vivent, subissent et endurent, depuis 34 ans, les citoyens marocains séquestrés dans les camps de Tindouf. Ils auront sans doute pu mesurer l’ampleur du fossé qui existe entre les «brillants slogans» arborés par la direction du Polisario, et la réalité réelle qui règne à Tindouf. «Ils nous ont ignoré pendant plus de 24 heures. Ce n’est que le lendemain après plusieurs réclamations que nous avons pu avoir, enfin, un peu d’eau et du pain», raconte Arturo Rodriguez, un des journalistes free-lance qui ont accompagné l’expédition. «Plusieurs personnes avaient des problèmes gastriques, des diarrhées après avoir passé une semaine au désert sans aucune assistance médicale. En plus, à l’aéroport, nous étions toujours sous la garde de soldats de l’armée algérienne, comme des détenus, et on ne nous a même pas laissé utiliser les toilettes. Et quand nous avons protesté, ils ont commencé à nous laisser y aller un par un. C’était humiliant».
L’affaire a été enfin réglée mardi soir. Mais, la mésaventure qu’ils ont vécue est riche en enseignements. Ils peuvent, maintenant, revoir leurs «cartes», en s’interrogeant sur la destination de l’argent qu’ils croyaient envoyer à la population sahraouie. 

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