Sahara : La guerre du pétrole commence

Sahara : La guerre du pétrole commence

Les dernières découvertes de pétrole en Mauritanie ont relancé les questions et les suspicions quant à l’existence de ce précieux liquide dans les provinces marocaines du Sud. Les multinationales s’intéressent de plus en plus à cette zone. La bataille fait rage. L’octroi par le Maroc de licences d’exploration dans cette zone au français Total et à l’américain Kerr-Mccge a suscité la colère deux petites compagnies britanniques, Premier Oil et Sterling Energy. Ces deux entreprises auraient obtenu, d’après le journal britannique «Times», des licences d’exploration dans les zones offshore du Sahara.
Intermédiaire de la transaction, «Fusion Oil», une modeste entreprise australienne d’exploration sous-capitalisée et qui, dit-on côté mauritanien, fait plus de la promotion que l’exploration proprement dite, est sur tous les fronts. Depuis l’automne dernier, cette entreprise cherche à monnayer un «accord de coopération technique» acquis auprès de certains cadres du polisario. «Fusion Oil » revendique une exclusivité des droits d’exploration sur 20 000 km2 en offshore.
C’est de cette entreprise australienne entreprenante que Premier Oil aurait obtenu lesdits «droits » pour l’exploration pétrolifère en zone offshore au Sahara. Rappelons que depuis décembre, «Fusion », est passée sous le contrôle de Sterling Energy pour 38 millions de dollars.
Cette dernière entreprise nourrit d’énormes ambitions pour le Sahara. Ceux qui connaissent son pedigree disent qu’elle n’a pas l’envergure de Total et Kerr-Mcgee e contre lesquelles elle a ouvert les hostilités.
Toutes ces tensions sont exacerbés par les récents développements du dossier pétrole en Mauritanie. En effet, depuis le mois de mai 2001 et la découverte à 800 mètres en zone offshore de substantielles quantités de pétrole, les multinationales se sont tournées vers cette zone longtemps délaissée par les prospecteurs.
Premier à y avoir cru, l’australien Woodside compte aujourd’hui ses dividendes. Les réserves de ce site de Chinguitti sont estimées à entre130 et 200 millions de barils. L’exploitation commencera dès décembre 2005. La Mauritanie a annoncé officiellement la bonne nouvelle: mettre 75 à 100 000 barils (soit la consommation journalière du Maroc) sur le marché international.
Une autre compagnie pétrolière, Petroleum Dana, vient en outre de découvrir fin décembre un immense gisement de gaz naturel non loin de la frontière marocaine. L’annonce de ce résultat a attiré une nouvelle vague d’investisseurs. Dans cette ruée vers l’Or noir, il y a les entreprises solides. Ce sont les multinationales comme le français Total, l’espagnol Repsol, la société publique malayenne Petronas, British Gas etc. Ce sont ces entreprises qui reposent sur des structures financières solides qui apportent les fonds nécessaires.
Autour de ces mastodontes, gravitent en général d’autres types d’entreprises, en général australiennes et sans budget, et dont la spécialité est de dénicher la bonne affaire. C’est le cas de «Fusion» qui, loin derrière, ferme la marche du puissant consortium constitué par Woodside.
Dès l’annonce de la découverte du pétrole en Mauritanie, les cessions et acquisitions de droits se sont multipliées avec des plus- values toujours plus élevées. Les petites entreprises négocient des contrats d’exploration pour ensuite les revendre au prix d’or. C’est ce qu’avait fait Elixir, première entreprise à débarquer en Mauritanie à la fin des années 90 et qui avait obtenu auprès des autorités mauritaniennes huit permis pétroliers de plus de 70.000 km2.
Elixir a attiré dans l’aventure mauritanienne, Herdman Ressources qui elle-même a fini par convaincre Woodside Petroleum et Eni Agip qui ensembles ont repris l’affaire en main. Finalement, Elixir se désengage totalement et avec d’autres partenaires mauritaniens et australiens fonde une autre société qui s’est orientée vers d’autres zones d’exploration situées plus au Sud.
De son côté, British Gas qui a débarqué en Mauritanie en 2004 entend refaire son retard et prendre part à l’exploitation des immenses réserves de gaz découvertes non loin du site de Chinguitti. Le britannique n’a pas hésité, en février dernier, à verser 132 millions de dollars pour racheter les droits de l’australien Hardman. Cette entreprise qui, elle-même, avait acquis ses permis en décembre 2003, de l’italien Eni Agip, pour seulement 33 millions de dollars, réalise au passage une plus-value de 99 millions de dollars. Belle performance, qui plus est, en moins de trois mois. De telles possibilités d’enrichissement aussi rapides entourent toujours la prospection pétrolière.
Autre activité qui rapporte, la réalisation d’études sismiques et géologiques. Le français Total aurait racheté, selon Times, une importante étude de la firme norvégienne TGS-Nopec. C’est un ensemble de données sur des travaux sismiques et qui seraient favorables à des travaux de forage. Dans cette course à l’or noir, certaines entreprises n’hésitent pas à alterner forage et géopolitique.

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