Sahara : L’ESISC alerte sur le dérapage terroriste du Polisario

Sahara : L’ESISC alerte sur le dérapage terroriste du Polisario

Dérapage vers le terrorisme islamiste, dérive vers le grand banditisme, détournement des aides internationales, absence de démocratie interne, piétinement des droits de l’Homme … Décidément, le Polisario cristallise à lui seul les pires maux que connaît le monde aujourd’hui. Le diagnostic que vient de livrer le Centre européen d’intelligence stratégique et de sécurité est sans appel. Une véritable radioscopie d’un mouvement qui opère une dangereuse conversion vers ce que l’on appelle, – pas vraiment à tort -, «le mal du siècle» : le terrorisme. Le Polisario offre «un important réservoir de recrutement pour l’Organisation Al Qaïda au Maghreb islamique», alerte le centre européen, notant que «cette tendance s’est fortement accentuée durant l’été 2008». Le rapport se base sur des documents des services algériens, cités par la presse algéroise. «Un certain nombre d’individus issus du Sahara occidental se trouveraient dans des camps d’entraînement de l’Organisation Al Qaïda proches de la frontière avec le Mali», faisait constater dans un article paru en août 2008 le quotidien algérien El Khabar, citant des sources sécuritaires algériennes. «La démobilisation et l’imprégnation par l’idéologie salafiste d’une partie des troupes du Polisario constituent une aubaine pour une organisation comme l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique», fait remarquer le rapport, qui fait état de «complémentarité» entre le mouvement indépendantiste et l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), rebaptisé en 2005 Organisation Al Qaïda au Maghreb islamique. «Les deux organisations partagent un certain nombre d’objectifs et surtout d’ennemis. La volonté de déstabiliser le Maroc est commune à Al-Qaïda et au Polisario. Les deux groupes ont également fait de la Mauritanie une de leurs principales cibles dans la région et une base logistique d’autant plus importante que ce pays est l’une des portes de l’Afrique subsaharienne», relève le rapport. «Un groupe transnational comme Al Qaïda a besoin de relais locaux et aurait tout intérêt à s’appuyer sur des éléments actifs du Polisario», explique le centre. L’explication du centre, présidé par Claude Moniquet, ne relève pas de la simple présomption, mais s’appuie bel et bien sur des faits. «En décembre 2003, les services de sécurité mauritaniens ont procédé à l’arrestation de Bab Ould Mohamed Bakhili, membre actif du Polisario alors que ce dernier était en train de voler de grandes quantités d’explosifs dans les dépôts de la Société nationale mauritanienne de l’industrie minière. On remarquera que les 153 bouteilles de produits inflammables et les quelque 12 kilomètres de fil utilisé pour des explosions télécommandées qu’il s’était procurés ne font pas partie du matériel utilisé habituellement par les guérillas mais plutôt par des organisations terroristes désireuses de fabriquer des bombes», observe le centre. L’enlèvement, récemment, d’une quinzaine de soldats mauritaniens retrouvés égorgés à la frontière de leur pays a été considéré par les observateurs internationaux comme «l’œuvre» du binôme Al Qaïda-Polisario.
La mue terroriste des éléments du Polisario risque de s’accentuer notamment chez les jeunes sahraouis, met en garde le rapport. Le blocage du processus de négociations en raison de la position du Polisario, l’absence d’alternative au conflit, l’interdiction du pluralisme dans les camps de Tindouf, et la détérioration de la situation humanitaire aggravée par le détournement des aides internationales, risquent d’accélérer la radicalisation dans les camps de Tindouf. Une véritable poudrière pour la région du Maghreb et la rive sud de l’Europe. 

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