Sahara marocain : Christopher Ross prolonge le match des négociations informelles

Sahara marocain : Christopher Ross prolonge le match des négociations informelles

Le quatrième round de négociations informelles sur le Sahara s’est achevé, samedi 18 décembre, à Manhasset, aux Etats-Unis. Sans surprise, Christopher Ross, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, a affirmé, à l’issue de cette nouvelle rencontre, que le Maroc et le front Polisario ont achevé le quatrième round de pourparlers informelles «sans résultat». Dans une déclaration lue à la presse, l’émissaire onusien a fait savoir que «chaque partie a continué à rejeter la proposition de l’autre comme base unique des négociations à venir». M. Ross a déclaré à la presse que les parties se sont engagées dans des discussions «approfondies sur des approches innovantes afin d’insuffler une nouvelle dynamique au processus de négociation en 2011, sur la base de rencontres régulières». Ainsi, et à défaut de tout progrès, il est question pour l’émissaire onusien d’assurer, au moins, la continuité des négociations. Dans cet esprit, M. Ross a annoncé la tenue de nouveaux pourparlers informels sur le Sahara marocain les 21 et 22 janvier et en mars 2011. Comme à l’accoutumée, l’Algérie et sa création le Polisario n’ont nullement abordé ce nouveau round de négociations avec un esprit novateur visant à s’engager de bonne foi dans la recherche d’une solution définitive au conflit au Sahara qui dure depuis 35 ans et qui prend en otage l’avenir de l’édifice maghrébin. Ainsi, face à la volonté du Maroc d’accélérer le rythme des négociations, les parties favorables à la thèse séparatiste, l’Algérie et le Polisario, ont, encore une fois, fait preuve d’intransigeance et d’immobilisme. Une attitude passive qui n’entame, d’ailleurs, en rien la ferme détermination du Maroc de multiplier les initiatives et propositions constructives afin de déboucher sur un progrès dans les négociations. D’ailleurs, Taïeb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a affirmé que le Maroc a présenté au cours du quatrième round «un certain nombre d’initiatives et de propositions concrètes pour donner une chance» au processus de négociation et le dynamiser selon des «approches innovantes». Lors d’un point de presse, le ministre a fait savoir que ces propositions concrètes tendent à explorer différents aspects du dossier relatif, notamment, à l’état réel des ressources naturelles de la région, la question de la représentativité de la population des provinces sahariennes, en plus de la contribution plus constructive de l’Algérie. Dans ce cadre, la délégation marocaine aux négociations a évoqué la nécessité de ne plus limiter les tournées de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara à la simple préparation des rounds de négociations, mais à les inscrire dans une dynamique visant, en plus, à «écouter ceux qui, dans la région, peuvent contribuer à faciliter le processus» en vue d’aboutir à une solution au service des intérêts du Maghreb arabe. Le chef de la diplomatie marocaine a affirmé que le Royaume est tout à fait disponible à donner une nouvelle chance au processus pour progresser à travers ces approches innovantes, donnant à titre d’exemple la question de l’évaluation de l’état réel des ressources naturelles de la région, de manière à clarifier la situation et démentir les allégations fallacieuses du Polisario relatives à l’exploitation par le Maroc de ces ressources. Autre exemple cité par le ministre, la question de la représentation de la population sahraouie, sachant que «le Polisario ne représente pas l’ensemble de cette population et ne peut prétendre, à la limite, qu’à la représentation de nos frères marocains séquestrés dans les camps de Tindouf, en Algérie». Enfin, le ministre s’est interrogé sur le point de savoir comment dynamiser la contribution des Etats voisins, à savoir l’Algérie et la Mauritanie, dans la perspective d’une solution définitive dans l’intérêt de l’ensemble de la région du Maghreb arabe. Les événements sanglants de Laâyoune du 8 novembre dernier ont également été à l’ordre du jour de ce quatrième round des négociations. Dans ce sens, Taïeb Fassi Fihri a indiqué que la délégation marocaine a présenté, au cours de ces pourparlers, les preuves irréfutables pour démentir la propagande entretenue à l’occasion du démantèlement du camp de Gdim Izik. Ceci dit, les quatre délégations présentes aux négociations ont prévu, par ailleurs, de rencontrer les responsables du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) à Genève «dans un futur proche» afin de passer en revue le plan d’action concernant les visites familiales, dans sa totalité, et d’avancer vers le lancement de ces visites par voie terrestre. Les parties présentes ont confirmé également la poursuite des visites familiales par voie aérienne. «Les dernières réunions informelles tenues entre les parties au conflit attestent de la volonté des deux parties de se conformer aux directives de la légitimité internationale. Deuxièmement, ces réunions ont constitué une occasion de multiplier les propositions afin d’aboutir à des résultats d’ordre technique. Aussi, dans le cadre des ces rencontres, il était question d’examiner les moyens à même de relancer les visites familiales, une mesure permettant de favoriser une ambiance globale bénéfique pour la région», indique Mustapha Naïmi, professeur universitaire et membre du Corcas, dans une déclaration à ALM. «S’agissant de la question des propositions innovantes, le Maroc est très en avance. Le Royaume plaide pour une flexibilité de l’espace, c’est-à-dire enlever le blocus imposé aux populations à Tindouf pour leur permettre la libre circulation. Cette démarche est la seule en mesure de résoudre d’une manière progressive le conflit au Sahara», ajoute-t-il. La délégation marocaine à ces pourparlers comprenait Taïeb Fassi Fihri, Mohamed Yassine Mansouri, directeur général des études et de la documentation (DGED) et Maouelainin Ben Khalihanna Maouelainin, secrétaire général du Corcas. A noter que la dernière réunion informelle a eu lieu les 8 et 9 novembre dernier à Manhasset. Les deux premières réunions informelles avaient eu lieu en août 2009 dans la localité de Durnstein en Autriche et en février 2010 à Armonk aux Etats-Unis.

Jimenez et Alliot-Marie saluent les avancées démocratiques réalisées par le Maroc


La ministre espagnole des Affaires étrangères Trinidad Jimenez, en visite à Paris, a affirmé que «le Maroc est un des pays de la Méditerranée qui a le plus avancé sur la voie des réformes et de la démocratie». C’est un pays «avec lequel l’Espagne a développé une coopération intense dans la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et le contrô le des migrations», a-t-elle souligné, dans un entretien paru samedi au quotidien «Le Figaro», en marge de ses entretiens avec son homologue française Michèle Alliot-Marie. Mme Jimenez a indiqué avoir évoqué avec Mme Alliot-Marie les relations avec le Maroc et la question du Sahara.  «Nous sommes d’accord pour considérer que le Maroc est, pour la France comme pour l’Espagne, un partenaire stratégique, un pays prioritaire avec lequel nous voulons avoir une très bonne relation, pour le bien des trois pays», a-t-elle assuré. «C’est donc un pays qui mérite une attention particulière de notre part», a ajouté Mme Jimenez dont c’est la première visite en France depuis sa nomination à la tête de la diplomatie espagnole, en octobre. Concernant le Sahara, Paris et Madrid «appuient» les discussions informelles qui ont repris à New York en vue d’une «solution équilibrée, durable et acceptable» pour les parties, a-t-elle dit, notant que les deux pays «peuvent aider à créer un climat de confiance» dans ce sens.

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