Sahara : Un épouvantail dirigé contre le peuple algérien

Le Conseil de sécurité estime qu’une résolution «complexe» couvrant les différentes options présentées par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, n’était probablement pas «le meilleur moyen d’aller de l’avant» dans les circonstances actuelles, a indiqué son président, l’ambassadeur britannique sir Jeremy Greenstock.
Dans une déclaration à la presse vendredi, après une réunion à huis clos avec le représentant spécial de l’ONU pour la Sahara, William Lacy Swing, M. Greenstock a précisé que les discussions vont se poursuivre lundi et qu’il a l’intention de présenter un projet de résolution «plus clair» en vue de proroger le mandat de la MINURSO qui arrive à expiration mercredi prochain. M. Greenstock a par ailleurs souligné l’unanimité du conseil pour le maintien de la MINURSO et de l’action de l’envoyé personnel du secrétaire général, James Baker. En clair, cela veut dire qu’une fois de plus l’Algérie a perdu la bataille de la répartition du Sahara marocain, mais sans confirmer que le Maroc a remporté le combat final dans sa lutte pour son intégrité territoriale. Un combat qui n’a que trop duré et dans lequel l’Algérie, en tant qu’Etat, est mouillé jusqu’à la moelle épinière.
En voulant confectionner sur le plan international une image du Maroc comme étant un pays expansionniste et contre l’autodétermination des peuples opprimés, l’Algérie a omis l’un des principes élémentaires qui caractérisent les mouvements de libération authentiques, à savoir l’attachement aux donnes de l’histoire réelle des peuples. Or, même en faisant de la question du Sahara marocain une des raisons de survie de ce régime politique, organiquement lié aux services de la junte militaire, l’Etat algérien n’a jamais pu convaincre sa population de la crédibilité de ses thèses à l’égard de son soutien «gratuit et bénévole» aux séparatistes. Devant les problèmes grandissants auxquels il s’est heurté, suite à la baisse de la rente pétrolière, dans les années 80 – 90, le régime a focalisé sa stratégie sur l’anéantissement des structures des groupes islamistes armés, avec tout ce que cela comporte d’irrégularités et d’abus. Au même titre, il a consolidé sa politique hégémonique au Maghreb, particulièrement vis-à-vis de son voisin algérien. L’attaque du bureau des séparatistes à Alger par les émeutiers d’octobre 1988, n’est nullement un acte aléatoire. Car, par cet acte, le peuple algérien a tenté de démontrer à ses gouvernants que la carte du Sahara, ne saurait constituer un éternel cheval de Troie dans la lutte du régime, pour camoufler les grandes failles de la gestion politique du pays. Dans le même sens, le projet algérien récent portant sur la division du territoire marocain au Sahara, avec l’appui des forces coloniales espagnoles, s’inscrit dans cette perspective, c’est-à-dire celle de détourner l’attention de la population des véritables problèmes dans lesquels elle se débat.
En même temps, il constitue un message indirect au Maroc lui demandant d’ignorer la question des frontières avec ce pays, dont les Algériens sont les premiers à savoir qu’il ne cédera pas le moindre pouce de son territoire saharien.

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