Said Jafri : «Les partis politiques sont encore défaillants»

Said Jafri : «Les partis politiques sont encore défaillants»


ALM : Pourquoi faudrait-il réhabiliter la confiance entre les politiques et les citoyens?
Said Jafri: Rétablir la confiance entre la classe politique et le peuple exige de repenser, reconstruire et réformer la culture politique générale du pays. Parce que les partis sont longtemps restés cantonnés à leur rôle occasionnel des campagnes électorales. Les mutations que vit notre société aujourd’hui, mêlées au contexte imposé pas le nouveau projet de la Constitution, doivent être accompagnées par des partis politiques actifs. C’est devenu une nécessité dans un contexte marqué par la dynamique régionale du Monde arabe et du Mouvement du 20 février. Les partis doivent assumer leur rôle d’encadrer les citoyens et renouer de meilleurs liens avec eux. Ceci est une des conditions les plus essentielles pour réussir la réforme constitutionnelle. Et je reprends dans ce sens le slogan : «Il n’y a pas de vraie démocratie sans parti politique». Parce que le peuple ne peut pas exercer la politique de manière directe, il lui faut le relais des partis, qui sont la vraie façade de la démocratie.

Comment les partis politiques doivent-ils agir dans le contexte actuel ?
Le rôle des partis ne se limite pas au fait de demander au peuple de voter pour le «Oui» ou le «Non». Il faut qu’ils prennent la peine de présenter le contenu de la Constitution, l’expliquer, le vulgariser et de détailler les 180 articles. Mais on sent que les partis sont encore défaillants à ce niveau. C’est vrai qu’aujourd’hui à travers leurs réactions, leurs slogans et leurs appels, ils expriment leur position par rapport à la Constitution. Mais le défi qui se pose aujourd’hui est qu’ils aillent au-delà pour accomplir leurs rôles pédagogique, politique, d’encadrement puis de mobilisation des citoyens.

Comment les partis peuvent-il retrouver leur crédibilité?
Les partis doivent promouvoir une éducation politique générale, c’est-à-dire dans leur relation avec le peuple. Ils ont aussi pour tâche d’assainir leur cuisine interne. Ceci passe par des programmes pertinents, des objectifs clairs, la lutte contre la transhumance, la démocratie partisane… Ils doivent aussi fournir des efforts pour aller à la rencontre du citoyen, dans la rue, dans le quartier, faire du porte-à-porte… dans la campagne du référendum, ceci peut être un premier pas pour que les partis retrouvent une crédibilité qui les a manqués depuis longtemps.

Peut-on dire que le référendum peut constituer une occasion pour l’éveil de la conscience politique des citoyens ?
Cette étape peut constituer un début pour la réconciliation entre les citoyens et les partis. Mais, il ne faut pas trop compter dessus. Il faut que l’Etat, les partis politiques, la société civile, et tous les acteurs réhabilitent la politique. Parce que le peuple est prêt et adopte une attitude positive et qu’outre le contexte, le contenu du nouveau projet favorise cette dynamique et cet éveil de la conscience politique, ne serait-ce que par l’invocation du concept de bonne gouvernance.

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