Sauver l’innocence

Le premier objectif de cette conférence était d’évaluer les progrès réalisés par rapport aux engagements pris lors du premier sommet en 1990. Et ce notamment en matière de scolarisation, de réduction de la pauvreté et de la démobilisation des enfants dans les conflits armés.
En 1990, ce dernier point, comme le sida, était d’ailleurs «une très petite tâche sur l’agenda mondial» a avoué Patricia Durrant, ambassadrice de la Jamaïque à l’ONU. Mais différentes guerres civiles et l’enrôlement de milliers d’enfants sont depuis passés par là, en Sierra Leone ou au Soudan par exemple.
Ce phénomène tout comme celui de l’exploitation sexuelle et commerciale des enfants ont conduit l’ONU à ajouter en 2000 deux protocoles à la Convention de 1989 sur les droits de l’enfant. L’un pour interdire les enfants-soldats, l’autre pour empêcher leur exploitation.
Des efforts ont donc été réalisés, mais les organismes chargés de la protection de l’enfant reconnaissent que beaucoup reste encore à faire. «Il y a eu des progrès, mais il devrait y en avoir eu plus, a ainsi déclaré Mme Bellamy, directrice de l’UNICEF. Il y a encore onze millions d’enfants qui meurent chaque année, alors qu’on pourrait l’éviter».
Pour beaucoup ONG, ce sommet est l’occasion de dire aux dirigeants qu’ils doivent prendre leurs responsabilités, faute de quoi les plans d’action resteront sans effet et sans financement. Le Bureau international du travail et l’UNICEF ont d’ailleurs affiché dès mercredi leur ambition d’envoyer les enfants à l’école plutôt qu’aux champs ou dans les rues. «Le travail des enfants et l’illettrisme sont les deux faces d’une même médaille», a ainsi souligné Juan Somavia, directeur du BIT dont des études montrent qu’un enfant sur huit – soit 179 millions d’enfants – effectue un travail dangereux, sur un total de quelque 246 millions d’enfants exerçant un travail en violation des législations.
Aucun pays, aucune région n’échappe à ce phénomène, particulièrement dans le secteur de l’agriculture commerciale. C’est dire à quel point les 48 chefs d’Etat et de gouvernement, les 24 princes régnants, vice-présidents ou vices premiers ministres et 92 ministres présents à New York ont des responsabilités à prendre. Ils devraient d’ailleurs élaborer une déclaration finale et un nouveau plan d’action pour la décennie 2000 – 2010.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *