Sebta : La base arrière de la Salafiya Jihadia

La ville occupée de Sebta est en train de redevenir une base arrière dangereuse du terrorisme intégriste. Sa situation géographique et la spécificité démographique en ont fait un lieu idéal de repli pour les nébuleuses terroristes islamistes. Le démantèlement, il y a une semaine, d’une cellule terroriste qui projetait d’attenter contre les navires au moment de leur passage par le détroit de Gibraltar en est une nouvelle preuve.  
En effet, la semaine dernière, un juge d’instruction de l’Audience nationale espagnole a ordonné l’engagement de poursuites contre deux individus résidant dans la ville spoliée de Sebta. Le premier, pour appartenance à une bande armée et l’autre pour conspiration pour commettre des actes terroristes.
L’accusé principal est le dénommé Redouane Ben Fraima, arrêté par la Garde civile le 22 mars dans la prison civile de Sebta où il purgeait une peine d’emprisonnement pour un autre crime depuis août 2004. Et c’est du fond de sa geôle qu’il dirigeait une cellule terroriste.
Le juge d’instruction du tribunal pénal de Sebta l’a accusé de préparer un attentat contre un "ferry" de la compagnie "Transmediterranea"qui assure la navette entre Sebta et Algésiras.
Des sources de la lutte antiterroriste ont révélé, lundi 28 mars, que, pendant les contrôles habituels des cellules ordonnés par la Direction des institutions pénitentiaires après les attentats du 11mars à Madrid, les fonctionnaires de la prison ont trouvé une abondante documentation en arabe, en français et en espagnol dont un croquis "très détaillé" des systèmes des "grandes portes d’entrée" au bateau qui couvre la ligne entre les deux rives du détroit de Gibraltar.
Outre ce schéma, Ben Fraima, avait un plan d’explication des méthodes de fabrication et du système de détonation d’un engin explosif qui, probablement, devait être placé dans les portes d’accès des véhicules au navire. Les services de renseignements de la police espagnole mènent actuellement des investigations pour déterminer si Ben Fraima, qui est poursuivi au Maroc pour son appartenance à la Salafiya Jihadia, aurait maintenu des contacts dans le passé avec Hamed Abderraman Ahmed, le fameux taliban espagnol qui était détenu à Guantanamo. Ce dernier avait été arrêté par les forces américaines en Afghanistan alors qu’il combattait aux côtés des Talibans. Il a été livré à l’Espagne en février 2004.
L’affaire Ben Fraima rappelle le dossier de la cellule dormante d’Al Qaïda qui a été démantelée par les services de sécurité marocains en 2002 alors que ses membres, des ressortissants saoudiens, projetaient d’attenter contre les navires de l’OTAN au moment de leur passage au détroit de Gibraltar.

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